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« Vivre, c’est aider les autres à vivre » ASODIM

EDUCATION-VIE ASSOCIATIVE

Plus de 60 associations sont répertoriées sur le territoire de Diapaga, luttant pour l’éducation, la santé, le maraîchage, la nutrition pour les enfants… Rencontre avec Véronique Ouali, présidente de l’association ASODIM (Association Sauvons les Orphelins pour un Développement Intégral et Meilleur), qui œuvre à la protection de l’enfance dans la province de la Tapoa.

Après 6 ans de combat pour obtenir des fonds et louer un local pour recueillir les enfants orphelins ou vulnérables (n’ayant plus qu’un parent), Asodim est devenue officielle en 2006, grâce aux donations du programme sexuel de droit humain. Aujourd’hui, plus de 260 enfants fréquentent le centre.

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Le local est ouvert tous les jours aux enfants, leur proposant diverses activités : production de brochettes de soja, fabrication de croquettes de sésame ou de savons, organisations de cross populaire… le jeudi et le samedi, des cours de soutien sont organisés, l’association détient une fiche de suivi scolaire de chaque enfant.

Assurer l’éducation des enfants orphelins

Le but étant de promouvoir et défendre les droits de l’enfant, de combattre les violences et l’abandon, d’offrir de meilleures conditions de vie aux orphelins et leur assurer une éducation… Les 20 membres de l’association se battent chaque jour pour obtenir des fonds, par des moyens simples tels que la vente de nourriture lors de kermesses, afin de financer la scolarisation (environ 3 euros par an pour les primaires, en école publique). À ce jour, seulement 30 enfants sur les 260 ne sont pas encore scolarisés. L’association fournit à chaque élève le matériel scolaire nécessaire, provenant de nombreux dons matériels.

P1310269 (Copier)-1024« L’idée m’est venue à l’église. Je voyais tous ces enfants orphelins qui souffraient beaucoup, personne ne s’occupait d’eux. Ils manquaient d’affection et ne pouvaient pas se fonder une opinion de la société. On s’est dit que ce serait mieux des les regrouper dans un seul et même lieu. On a eu recours à l’action sociale » explique Véronique. Une fois l’association officialisée, des campagnes de recensement des enfants orphelins et vulnérables ont été lancées à chaque rentrée scolaire. Les enfants vulnérables n’ont qu’un seul parent, souvent handicapé ou dans la pauvreté, ne pouvant leur financer une scolarité. Quant aux orphelins, ils sont éduqués par un tuteur, membre de leur famille « Si les enfants ne venaient pas à l’association, ils finiraient dans la rue, et deviendraient voleurs ou voyous. On n’arrive pas à tous les recueillir, mais on fait de notre mieux », ajoute-t-elle.

Sensibiliser les parents

En plus de sensibiliser les enfants, ASODIM aide les parents seuls à trouver un emploi, en leur proposant des formations de couture, de teinture, de fabrication de savons… N’ayant pour la plupart pas été scolarisés eux-mêmes, ils n’ont jamais pu travailler. Des cours d’informatique leur sont proposés (oralement, sans matériel informatique, par manque de moyen) ainsi que des temps de discussion entre eux. Un bureau des parents a été créé dernièrement.

« Au départ, les parents ont eu des doutes avec nous, ils ne pensaient pas qu’on irait jusqu’au bout. Aujourd’hui, ils sont fiers de nous. Je suis fière, je sens que les enfants ne sont pas abandonnés. Quand je les vois jouer, je sais qu’ils savent qu’on est là pour eux, pour leur développement. On les voit évoluer dans leur comportement, dans leur niveau scolaire… » confie Véronique.

« Avant je restais tout le temps à la maison, je ne savais pas ce qu’était la vie. Avec l’association, je me suis découverte. J’ai compris que j’étais capable de lancer des projets, de parler, de m’exprimer. Le fait d’être avec des enfants m’a apporté de l’expérience pour élever les miens », analyse-t-elle.

Reste un grand problème : l’absence de partenaire financier pérenne. L’objectif que s’est fixé Véronique pour 2014 est de scolariser les 30 enfants encore privés d’école. Son plus grand souhait serait de créer un internat pour les enfants.