Vive la langue de l’amour !

C’est avec le sourire accueillant propre aux Asiatiques que Thao, jeune bachelière de 18 ans, papillonne dans la petite salle de classe du Cercle francophone de Hué. Au milieu des tables d’écolier en bois, elle explique comment sa passion pour le français se prolonge en dehors du lycée.

C’est avec le sourire accueillant propre aux Asiatiques que Thao, jeune bachelière de 18 ans, papillonne dans la petite salle de classe du Cercle francophone de Hué. Au milieu des tables d’écolier en bois, elle explique comment sa passion pour le français se prolonge en dehors du lycée.

Thao, membre du Cercle francophone de la « capitale culturelle du Vietnam » depuis le début de l’année a pris l’habitude de s’y rendre trois fois par semaine pour rencontrer des francophones et emprunter des livres. « J’avais envie de parler français en dehors des heures de cours, car on n’a pas beaucoup le temps de s’exprimer à l’école » explique-t-elle en posant poliment sa casquette jaune à côté du jeu de scrabble. « Pendant l’année scolaire, j’ai pu suivre trois heures de cours par semaine dans une classe d’une douzaine d’élèves et avec des manuels différents. J’ai aussi rencontré des touristes lors de réunions et de séminaires.» ajoute-t-elle timidement.

La jeune Vietnamienne a commencé à apprendre notre langue à l’âge de 12 ans. Du collège au lycée, elle a suivi une classe bilingue avec treize heures de français par semaine et des cours de biologie, de physique et de mathématiques en français. « C’est une excellente élève », assure Nguyên Chi Nâm, un ancien du Cercle, en lui tapotant fièrement l’épaule. « C’est important que des jeunes comme Thao viennent ici. Nous leurs transmettons nos connaissances, alors qu’eux nous apprennent les nouveaux  mots français. » intervient à son tour Nguyên Vien Thong, guide touristique et fidèle de l’association essentiellement composée de personnes âgées. D’après lui l’apprentissage à l’école n’est plus aussi rigoureux que sous la colonisation, et les jeunes sont obligés de prendre des cours du soir pour parfaire leur français. D’ailleurs les aînés ne se gênent pas pour corriger Thao à la moindre faute de grammaire, mais elle y trouve aussi son compte. « Je m’enrichis à leur contact car ils me transmettent leurs expériences » certifie-t-elle avec un léger accent.

La fan de Goldman, Patricia Kass et Dalida a choisi notre langue pour découvrir « un autre monde, une autre culture ». Contrairement à des camarades plus pragmatiques qui ont choisi l’anglais, elle trouve que « l’anglais est la langue de l’amitié, alors que le français c’est la langue de l’amour ! ». Son rêve serait maintenant d’aller étudier en France et elle attend avec impatience la réponse à son inscription la faculté d’économie et de gestion de Nantes. En cas de refus, elle passera un diplôme d’économie du tourisme à Hué, pour devenir guide. En attendant, le jeune fille calme son envie de voyage en visitant son propre pays.