Villages-perchoirs

A plus de 150 mètres au-dessus du sol, la falaise du pays Dogon abrite les restes d’habitations troglodytes, érigées par les ancêtres des Pygmées, les Tellems. Ces minuscules constructions de briques, abandonnées au XVe siècle à l’arrivée des Dogons, abritent aujourd’hui des cimetières sacrés. Leur histoire reste des plus mystérieuses.

Les Tellems, « ceux que nous avons trouvés » en langue Dogon, auraient habité la falaise de la région de Bandiagara du Ve au XVe siècle. C’est grâce à leurs puissants pouvoirs magiques qu’ils auraient construit leurs étonnants villages : « Ils n’avaient qu’à ordonner à une pierre d’aller se placer à tel endroit et toutes les autres suivaient et formaient ces petits habitats, faits de chambres individuelles » affirme Ogodana, guide à Sangha. Une explication peu vraisemblable, mais en existe-t-il d’autres ? Les historiens qui étudient cette civilisation perdue pensent que les Tellems ont simplement utilisé leurs connaissances instinctives du baobab. Ils se nourrissaient de ses feuilles et de ses fruits, et fabriquaient des cordes très solides avec son écorce. C’est grâce à ce système, encore utilisé par les Dogons, qu’ils auraient construit leurs villages, dont seuls ont subsisté des sortes de petits greniers de terre, en forme de termitière.
Les Dogons arrivèrent dans cette région au XIIe siècle, fuyant les guerres tribales des Malinkés qui désiraient imposer l’islam. Ils y trouvèrent les Tellems et vécurent en harmonie avec eux jusqu’au XVe siècle. Ces derniers ont finalement fui vers les frontières du Burkina Faso après une discorde qui déchira les deux tribus. Aujourd’hui, les Dogons utilisent les habitations Tellems comme greniers, afin d’y garder le mil et les objets de cultes tels que les masques des danses, et comme sépultures pour leurs morts.
Reste à savoir comment les Tellems accédaient à leurs habitations à flancs de falaise : certaines d’entre elles restent aujourd’hui d’un accès très difficile.