Vers une exportation du cinéma indien??

Alors que la production cinématographique de l’Inde représente presque le quart de la production mondiale, combien ce pays a-t-il produit de chef-d’œuvre et combien de cinéastes indiens comptent-ils dans la cinématographie du XXe siècle?? Paradoxalement très peu. Deux ou trois réalisateurs sont reconnus comme cinéastes universels, mais le cinéma populaire hindi a étouffé l’émergence d’autres cinémas.

Créée en 1975, l’agence gouvernementale National Film Development Corporation (NFDC) veut justement favoriser l’excellence dans le cinéma indien. Cette agence a pour objectif de développer et de promouvoir l’industrie cinématographique indienne. La NFDC a jusqu’ici produit ou financé plus de 300 films?: «Ces films, dans des langues indiennes diverses, ont été largement acclamés et ont gagné beaucoup de récompenses nationales et internationales» se félicite un responsable de l’agence.

Financer des œuvres d’auteurs

La NFDC aide à financer des œuvres d’auteur de facture exigeante, mais ces aides sont modestes et ne touchent qu’une minuscule proportion de la production indienne. L’agence octroie de moins en moins de prêts à ceux qui veulent sortir des sentiers battus de Bollywood. «Les coûts de production augmentent. Nous ne pouvons plus tenir la distance avec les gros studios. Avant nous produisions 15 films par an. Maintenant le chiffre est tombé à trois ou quatre» expliquent des responsables à la NFDC. On se contente donc du catalogue de films de la NFDC, parmi lesquels des films coproduits avec la France, le Canada ou encore les États-Unis. Des VRP qui ont déjà leurs billets pour le prochain Festival de Cannes vont tenter de vendre leurs films dans ce nouveau marché qu’est l’Europe.

Les portes du marché international ont en effet commencé à s’ouvrir au cinéma indien au début des années 2000 grâce aux succès de Lagaan et de Devdas. Encore une fois Bollywood est en tête. Sorti en Inde le 15 juin 2001, Lagaan a été un immense succès ralliant le public et la critique. Le film de Ashutosh Gowariker qui remporta un franc succès en dehors de son pays natal est le premier succès international d’un film bollywoodien, et ce, notamment grâce à son Prix du Public à Locarno en 2001, mais surtout à sa nomination aux Oscars en 2002 pour meilleur film étranger. Lagaan est le troisième film indien ayant été nominé aux Oscars, après Salaam Bombay en 1989 et le fameux Mother India en 1958. Dernièrement Devdas de Sanjay Leela Bhansali fit l’ouverture du Festival de Cannes en 2002. Et en 2003 Aishwarya Rai (reconnue pour sa prestation dans Devdas l’année précédente) fut la première actrice indienne membre du jury cannois.

Un avenir radieux

L’avenir, tant sur un plan économique qu’évolutif, s’annonce radieux pour Bollywood. De gros studios comme la Warner Bros et la 20 th Century Fox ont ouvert des bureaux en Inde et commencent à financer des films hindis comme Ek Hasina Thi, produit en 2004 par la 20 th Century Fox.
Les films commencent à s’écarter de leurs structures habituelles. Ceci est dû principalement au fait que la jeune génération se lasse de voir toujours les mêmes histoires et n’est plus intéressée par ces scénarios trop prévisibles. C’est pour cette raison que les réalisateurs commencent à changer leur façon de faire. Et cela explique peut-être pourquoi ce cinéma, devenu plus accessible, commence à se répandre un peu partout. Mais Bollywood ne cherchant absolument pas à imiter son homonyme américain, évoluera en gardant un pied dans ses traditions.

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