Vapotons?

Cigarettes électroniques Tel est le nouveau terme employé par les fumeurs de cigarette électronique ou e-cigarette. Celle-ci, inventée il a une dizaine d’années par un pharmacien chinois, a fait ses premières apparitions en France il y a un peu plus de 4 ans. Victime de son succès, les magasins ne cessent de se créer. 5 boutiques sont déjà implantées à Chalon-sur-Saône sur Saône. 1 million de Français l’ont déjà adopté. Elles se déclinent sous différentes formes, usages et design… (Cigarettes, pipes, cigares, colorés, chic…)Quelles sont les différences avec la cigarette classique ? Il y a-t-il un danger ? Réponses de Lionel Garinot, gérant de la Vapoterie, 21 rue Pasteur, à Chalon-sur-Saône.

La cigarette la plus vendue est composée d’un embout, d’un réservoir ou clearomizer contenant un liquide, d’un atomiseur et d’une batterie.

Une mèche est située à 2614831_2l’intérieur du réservoir et entraîne le liquide vers une résistance (sorte de système de lampe à pétrole) qui chauffe à 40 voire 50 degrés et transforme le liquide en fumée que l’on peut vapoter. Le liquide contient du propylène glycol (que l’on retrouve dans 1 médicament sur 2), de la glycérine végétale (qui permet d’avoir une densité de fumée), des arômes végétaux, naturels ou des huiles essentielles ainsi que de la nicotine. « Certains ajoutent de l’alcool ou de l’eau pour diluer le produit », confie Lionel Garinot.

Le matériel vient essentiellement de Chine, et le liquide de France, d’Europe ou d’Amérique. Les Français restent assez prudents et veulent un produit fiable. « Par idéologie je voulais du matériel français, mais je n’ai trouvé qu’un seul fabriquant qui était bien trop cher, je devais vendre mes cigarettes à 200 euros l’unité, un prix beaucoup trop élevé par rapport à la demande » affirme Lionel Garinot. Il ajoute : « J’achète le matériel chez le fabricant Joyeteck. C’est la marque Ego. Les liquides sont français, de la marque Cleaveland (qui apporte une fumée dense) et américains de la marque Halo (liquide très qualitatif) ».

Kit débutant
Kit débutant

La plupart des personnes achètent un kit débutant pour commencer. Celui-ci est composé d’une cigarette, d’une batterie et d’une house pour un coût d’environ 39 euros. Par la suite (sur une base d’un paquet de cigarettes acheté par jour) il faut changer le liquide du réservoir (acheté en fiole) qui dure entre 7 et 10 jours. Le réservoir se change lorsque la mèche est abimée. Il est également possible de changer le goût du liquide (tabac, chocolat, menthe, citron…), il faut alors changer le réservoir (5.90 euros) ou changer uniquement l’atomiseur (environ 2 euros). La batterie tient une journée (rechargeable sur secteur ou USB).

« Je prends une demi-heure pour chaque vente, le temps d’expliquer le fonctionnement. C’est important pour bien l’utiliser. Quand les clients arrivent je leur demande depuis quand ils fument et quelle quantité. Ensuite, j’adapte leur dosage en fonction de leurs réponses : dosage 0 (sans nicotine), 6mg/ml (faible), 11mg/ml (moyen) et 16 mg/ml (fort). On peut aussi mélanger les produits pour être plus précis » déclare Lionel Garinot.

3 raisons de l’acheter : pour faire des économies, suivre la tendance ou arrêter de fumer

Lionel Garinot différencie 3 types de vapoteurs (personnes qui fument de la vapeur) et l’explique : « Ceux qui veulent faire des économies. Si on part sur la base d’un _IGP1335 (Copier)paquet de cigarettes acheté par jour, le client dépense plus de 165 euros par mois en tabac, alors qu’il ne dépense seulement que 35 à 40 euros par mois avec la cigarette électronique et cela permet d’économiser 1700 euros par an. Cette clientèle, habituellement, réduit sa consommation de tabac de moitié. Il y a aussi ceux qui suivent l’effet de mode. En général, ce sont des jeunes qui n’ont pas réellement d’addiction. La dernière catégorie est ceux qui veulent arrêter de fumer (certains ont même été envoyés par des médecins). Ils sont motivés, et arrêtent rapidement, car ils ont déjà tout essayé avant. Je tiens à dire que le produit n’est pas magique et qu’il faut être motivé à la base. Ça plaît également beaucoup aux femmes, il y a différents goûts, couleur… c’est assez ludique ».

« La nicotine n’est pas cancérigène »

_IGP1329 (Copier)La nicotine est classée comme un poison très dangereux par l’OMS, seulement si l’on en prend en grande quantité. Lionel Garinot explique : « Dans les cigarettes (classiques ou électroniques) il y a de très faibles doses, ce n’est alors pas dangereux, ce n’est qu’un excitant. La nicotine n’est pas cancérogène, ce sont les autres produits que l’on ajoute aux cigarettes classiques comme le méthanol, l’arsenic, le plomb, le goudron… »

Quant à la polémique actuelle sur la cigarette électronique, qui ne serait finalement pas si inoffensive qu’on espérait (les e-cigarettes pourraient être cancérigènes, selon une étude), il répond : « Le marché de la cigarette électronique étant nouveau, nous sommes avides en tant que distributeurs d’avoir le résultat d’étude sérieuse sur le produit. Je me réjouis de cette polémique, ça va peut-être permettre de mettre en place des organismes de santé qui contrôlent ce commerce et les produits». Pour l’instant, la seule étude sérieuse publiée par Marisol Touraine, la ministre de la santé, est celle du docteur Dautzenberg, pneumologue réputé de Paris, qui déclare l’absence de toxicité dans le produit : « En soi, ces arômes ne sont pas toxiques » assure le médecin.

Lionel Garinot fait part de son expérience personnelle et en est ravi : « Un ami en a acheté une et a arrêté de fumer des cigarettes classiques. Étant fumeur, j’ai essayé. 1 _IGP1319 (Copier)mois plus tard, je ne fumais plus de tabac. Au bout de 4 jours, je ne me réveillais plus dans le brouillard, j’étais plus dynamique. Au bout de 3 semaines, j’ai retrouvé le goût. Au bout de 4 mois, j’ai repris la natation et j’ai retrouvé des sensations que je n’aurai pas eues en fumant. Aujourd’hui, ça fait 5 mois que j’ai arrêté. Le tabac s’est fini pour moi ».

Heureux du résultat procuré par la cigarette électronique,  Lionel Garinot, a ouvert son magasin il y a tout juste trois semaines et connaît déjà un succès fou, il confie: « Les ventes marchent très bien. Je pense déjà à ouvrir un autre magasin. Selon moi, le marché de la cigarette électronique évolue et va vivre comme le téléphone portable. À terme, je suis persuadé que ça replacera la cigarette classique ».