Une avant-première réussie pour la rentrée de la Bobine

 

film (Copier)Lundi 9 septembre, à 19 h 30, avant-première du film de François Dupeyron au cinéma Axel de Chalon-sur-Saône. Une diffusion de l’association La Bobine en compagnie du réalisateur qui a accueilli pas moins de 180 personnes ! Le film « Mon âme par toi guérie » sortira officiellement le 25 septembre et fait partie de la sélection officielle du festival San Sebastian en septembre 2013.

Malgré une difficulté financière pour faire produire son film, c’est après 10 années de refus que François Dupeyron arrive enfin à produire son film « Mon âme par toi _IGP1531 (Copier)guérie » par le producteur indépendant Paulo Branco. Ce film est une adaptation de son roman « Chacun pour soi, Dieu s’en fout», écrit par lui-même en 2009. Le titre a été modifié et le nouveau titre fait référence à un vers de Baudelaire qui apparait en fin de film comme une morale « Le roman est né de rien, j’avais juste une idée d’un garçon avec un don, la suite est venue après » explique le réalisateur.

Adaptation de son roman : « Chacun pour soi, Dieu s’en fout »

L’idée de l’histoire part d’un don, mis en scène par le personnage Fredi. Ce dernier est né avec un certain magnétisme qui peut « guérir la misère du monde » comme il le dit très bien dans le film. Au départ, il ne veut pas l’accepter et petit à petit il lâche prise. Un film à la fois touchant : l’histoire d’un héritage profond, d’un garçon qui rentrouvre son père, des détresses de la vie (l’alcoolisme, les problèmes d’argent, les adultères…) et à la fois amusant, avec de personnages attachants joués par Grégory Gadebois (Frédi), Céline Salette (Nina), Jean — Pierre Darroussin (père de Frédi), Marie Payen (Josiane), Philippe Rebbot (Nanar) et Agathe Dronne (mère de l’enfant).

François Dupeyron, réalisateur et Chantal Thevenot, présidente de l'assocuation La Bobine
François Dupeyron, réalisateur et Chantal Thevenot, présidente de l’assocuation La Bobine

Il ajoute : « On raconte une histoire où il y a autre chose qui se joue. Quoi ? J’ai une petite idée, mais les mots nous emportent. Je pense que le cerveau est fait ainsi. Si on se laisse aller et qu’on n’est pas structuré, c’est ce qu’il se passe. Je ne sais pas comment vous dire comment j’ai écrit ce n’est pas travaillé. Il ne faut pas voir que l’histoire, mais aussi ce qu’il y a derrière ».

Le réalisateur à la fois scénariste, auteur, metteur en scène de théâtre et écrivain a plusieurs cordes à son arc, pourtant il a vécu de douloureuses années : « Depuis 10 ans on me refuse tous, j’ai fait des scénarios qui n’ont jamais tourné. En décembre, j’ai voulu arrêter ce métier jusqu’à ma rencontre avec Paulo Branco. Avant il y avait un bon financement en France, aujourd’hui le système s’est perverti : si on n’a plus de distributeurs (télévision), on ne fait rien. Il y a beaucoup de sorties de films chaque semaine, il y en a qui feront 1 ou 2 films, et après on va les laisser à la rue, on va en faire des gens aigris, des malheureux… On est dans un système délirant. Il n’y a qu’un seul producteur c’est la télévision. Ceux qui s’enrichissent ces dernières années sont les producteurs et non les réalisateurs ».

Une histoire de don, mais pas seulement…

Suite à la diffusion, un débat a été mené entre les spectateurs et le réalisateur, accompagné de Chantal Thevenot, présidente de l’association La Bobine. D’une manière générale, le film à beaucoup plu, on le déduit en entendant certains commentaires : « Comment faire un film si magnifique ? » ou « Les acteurs sont attachants » ou « On n’était plus du tout dans le film, comme si les personnages étaient des voisins, on se croyait dans la vie de tous les jours » ou encore « Vous avez une acuité à rendre les sons réels », etc.

À la remarque d’une personne sur la proximité avec les acteurs, il répond : « Je n’ai pas de distances. Tous les lieux ont une vérité: le bar est un vrai bar avec une vraie _IGP1520 (Copier)scène, l’hôpital et même la salle de réanimation est la vraie. Je ne joue pas au scénariste. De plus, je ne dirige pas les acteurs. Ça n’a pas de sens sinon. Je dis aux acteurs : “Le rôle est à toi, il t’appartient”. Il faut après cela, seulement les accompagner et ne pas être intrusif, ni moi, ni la technique comme dans la vie de tous les jours ».

Le réalisateur garde une modestie incroyable en plus de sa sympathie et de son naturel : « Je ne sais pas qui je suis, j’ai découvert qu’en faisant des films, c’est une manière de se découvrir. Je découvre mon métier en le faisant ».

Ce film fait avec peu de moyen, a connu un grand succès à Chalon-sur-Saône « Je l’ai fait avec très peu de moyens. Beaucoup de personnes dans le film ne sont pas des comédiens. J’ai même fait certains montages par téléphone » confie François Dupeyron. On retiendra un de ces conseils personnels à l’ensemble de la salle : « C’est important de voir un film, mais il faut savoir le recevoir » !