« Un véritable tournant »

C’est ce que seront les élections municipales du 9 et 16 mars pour la ville de Chalon. Les enjeux sont multiples et importants. Le premier est sans doute la baisse conséquente de la population. Quel que soit le camp interrogé, ils sont en accord sur ce point : Chalon est une ville qui vieillit. Les deux principaux prétendants à la marie de Chalon, Gilles Platret, candidat issu de l’UMP et Christophe Sirugue, candidat issu du PS donnent leurs opinions sur un thème-clé de cette problématique : la jeunesse.

Affiche de campagne de Gilles Platret - DroiteAffiche de Campagne de Christophe Sirugue - Gauche« Une palette de formation »

Sur la question des hautes études, les avis deux candidats se rejoignent. « Il est essentiel qu’une ville de la taille de Chalon puisse offrir une palette de formation, déclare Christophe Sirugue. Aujourd’hui, les départements proposés par l’IUT de la ville se situent dans des domaines qui étaient d’actualité il y a 20 ans. » Il est vrai que la perspective de continuer ces études dans cet IUT est loin d’être palpitante. « La désignation des filières postbac à développer devra se faire avec le rectorat, décrit Gilles Platret. » « Le projet sera dur à monter, souligne Christoph Sirugue, car nous sommes dans une zone de concurrence universitaire » « L’idéal serait de mettre en place un véritable pôle universitaire à Chalon, assure Gilles Platret.  L’animation, dans la ville, le soir serait tout autre.»

L’objectif poursuivi est simple : permettre aux jeunes chalonnais de continuer leurs études sur place et ainsi de les fidéliser à la région. « Le risque quand les jeunes vont faire leurs études loin, c’est qu’ils ne reviennent pas, raconte le candidat UMP. Si on leur proposait des formations intéressantes près de chez eux, cela pourrait stopper l’hémorragie dont souffre Chalon. »

Si les deux camps ont le même point de vue en ce qui concerne les filières universitaires, ils se confrontent sur les collèges. « Le département [dont Christophe Sirugue est le président, NDLR] souhaitent fermer 2 collèges chalonnais dont Camille Chevalier pour en construire un autre au milieu de nulle part, affirme Gilles Platret. Personnellement j’y suis opposé. C’est une chance inouïe de pouvoir faire ses études prés de chez soi. » Selon Christophe Sirugue, ces établissements ne sont plus viables . La création d’un nouveau collège permettrait en plus un véritable brassage social et culturel. Le terrain est trouvé et donné par la Région.

L’intégration : une fausse question pour les uns, un challenge pour les autres

Quand on aborde cette question difficile et parfois polémique, les deux candidats ont des points de vue bien différents. Selon Gilles Platret, c’est une fausse question. « Un maire ne doit pas faire de différence entre ses citoyens. Pour moi, à Chalon, il n’y a pas de quartiers qui craignent ou des jeunes à problèmes. L’important, c’est qu’une communication s’établisse. Il ne doit pas y avoir de coupure entre la mairie et les quartiers. Dans ce but, je m’engage à aller toutes les semaines dans les quartiers rencontrer les gens, parler de leur quotidien, de leurs problèmes. Si des jeunes pouvaient venir, je trouverais cela très intéressant. Je pense aussi que pour améliorer la situation, il faudrait rénover les complexes sportifs de proximité. »

Le point de vue de Christophe Sirugue est tout autre : « Cette question sera résolue quand les jeunes des quartiers cesseront de dire « on va à Chalon » quand ils se dirigent vers le centre ville. Je connais la politique de la ville mais je n’ai encore jamais vu ce qu’était la politique des quartiers. Il faut ouvrir les quartiers sur la ville. Je suis contre l’avis qui consiste à dire : « construisons des complexes dans les banlieues, comme cela ils auront tout sur place et ils ne viendront pas nous embêter. » Il faut que la ville redonne confiance et fasse confiance à ses jeunes. »

Entre conseil des jeunes et conseil municipal des jeunes : que choisir ?

Les jeunes ont du talent et des idées, le Festi’jeunes nous le prouve tous les deux ans. Gilles Platret et Christophe Sirugue en sont convaincus. Les solutions qu’ils proposent pour confier des responsabilités aux jeunes sont alléchantes, mais ne semblent avoir de différent que leur formulation.

« Je trouverais intéressant de mettre en place un conseil municipal des jeunes, raconte Gilles Platret. Ce conseil de 45 personnes serait renouvelé tous les ans par des élections au niveau des collèges et des lycées. On leur allouerait un budget avec lequel ils pourraient soutenir, après débats, les projets de jeunes, mais également des moins jeunes. Je trouve cette idée séduisante. »

« Pour ma part, je suis opposé à la création d’un conseil municipal des jeunes, affirme Christophe Sirugue. Cela est très lourd administrativement et je n’y crois pas vraiment. Je voudrais plutôt mettre en place un conseil des jeunes qui aurait lui aussi un budget, mais à qui on donnerait de véritables dossiers. Si les jeunes se rendent compte que ce qu’ils font ne sert à rien, ils ne viendront plus et ils auront bien raison. Je ne veux pas que ce soit un conseil de fantoches. Je n’ai plus 18 ans, alors je ne sais plus comment pense un jeune et il saurait dommage d’oublier ce point de vue. Il y a un autre point important : actuellement les jeunes ne viennent pratiquement plus dans les structures. Ce n’est pas pour cela que l’on devrait ne plus porter leurs projets. Du moment qu’ils ont des idées et qu’ils sont capables d’effectuer un retour pour la population, la ville doit être capable de les aider. »

Ce printemps : la reprise des cultures

Quel que soit le conseil qui se mettra en place suite aux élections, le but principal poursuivi est le même : développer la culture à Chalon. « Il faut que Charon vive et bouge, déclare Gilles Platret. » Pour cela, les deux camps souhaitent encourager la pratique amateur en lui permettant l’accès à des infrastructures adéquates. La droite aimerait rénover le petit théâtre pour les associations alors que la gauche désirerait leur ouvrir plus amplement les portes de l’espace des arts. « À qui appartient l’Espace des Arts ? À son directeur ou aux Chalonnais ? questionne le candidat du PS. »

Quand on évoque le thème de la culture, on aborde inévitablement l’un des gros points noirs de Chalon: la bibliothèque. Celle-ci, beaucoup trop cher par rapport à la qualité de son service, manquant cruellement de moyen, n’a pour seul véritable attrait que la beauté de ses locaux trop petits. Christophe Sirugue en fait un élément fort de sa campagne : « Une ville comme Chalon doit pouvoir posséder une véritable médiathèque ! Les bâtiments de Camille Chevalier conviendraient parfaitement pour cela : ils sont vastes et le parc extérieur permettrait ceux qui le souhaiteraient de s’aérer. » La droite porte le même projet cependant il semble plus flou, le nouveau local n’a notamment pas été décidé.

Gilles Platret, pour sa part envisage la création d’un multiplexe cinématographique. « Cela permettrait de varier les séances proposées, explique Gilles Platret. On pourrait passer des films grand public autant que d’auteur. Dans ce domaine la Bobine fait un travail extraordinaire. Avec la construction de ce multiplexe, j’essaierai d’obtenir un véritable  » Art et Essai  » à la ville. »

Récemment s’est déroulée à l’Espace des arts la 4ème édition du Festi’Jeunes. « Je trouve que c’est un événement très intéressant, confie Gilles Platret. Je suis sûr de continuer le Festi’Jeunes et peut-être que j’essaierai de développer une autre rencontre en parallèle qui serait plutôt de la création en direct. » « Le Festi’jeunes doit être revu, avoue Christophe Sirugue. Je connais plusieurs des organisateurs. Le projet repose sur des idées qui méritent d’être développées. Ce que je ne veux pas c’est que cette rencontre devienne un rendez-vous obligatoire qui ne sert à rien. »

Aux électeurs de choisir qui représentera le plus un avenir pour Chalon, et ce choix se fera sur des points précis, parfois polémiques.