Un jour à l’onsen

La rencontre de quatre plaques tectoniques – la philippine, la nord-américaine, l’eurasiatique et la pacifique – a donné naissance à un pays volcanique, le Japon. Les tremblements de terre, fréquents et souvent destructeurs comme en 1995 à Kobe ou l’an dernier dans le Tohoku, représentent un côté négatif de cette situation géographique explosive. De l’autre, le sol volcanique produit d’innombrables sources d’eaux chaudes aux vertus réputées thérapeutiques. Dimanche dernier, je suis allé à mon premier onsen, ces fameux thermes d’où l’on peut jouir de l’oyu, des « eaux chaudes ».

Chaque commune ou presque possède ses bains. Le week-end, les citadins préfèrent cependant prendre la voiture pour s’évader, grimper sur des routes escarpées et sinueuses, atteindre la montagne vers midi. Nous sommes dans la préfecture de Yamanashi, au pied des Alpes japonaises. C’est un lieu privilégié pour les viticulteurs, dont les exploitations fleurissent au bord de la route. On y mange le raisin en recrachant la peau et les pépins ; le vin est lui plutôt sucré à mon goût.

Nu comme un ver

Le temps est gris, pluvieux, mais le sommet où est situé l’onsen s’élève au-dessus d’une mer de nuages. Sur le parking en terre battue, de nombreuses voitures sont déjà garées : adolescents, retraités, nourrissons, parents, jeunes adultes, etc. Toutes les générations se croisent, mais pas les sexes : hommes et femmes feront bain à part.

Une fois les chaussures enlevées à l’entrée, j’entre dans la salle des hommes. Tout le monde est nu. Cette nudité participe au succès des onsen : elle permettrait une meilleure communication en enlevant les tabous et en détendant l’atmosphère, selon les Japonais m’accompagnant. Après le déshabillage intégral, c’est la douche : assis sur un tabouret en plastique, face à un miroir. Les bains étant dehors, il faut braver le froid pour atteindre un premier bassin où se délasse déjà une poignée de personnes. L’eau y est très chaude, difficile d’y rester plus d’un quart d’heure. Ensuite, j’enchaîne avec un autre bain, plus agréable, entouré de végétations. Quelqu’un y dort, d’autres parlent, des jeunes pères jouent avec leur progéniture. L’onsen est le lieu de socialisation par excellence, un lieu de paix et de calme au pays des volcans.