Un havre de paix

Juste à côté de Shaniganapur, le village sans portes, s’élève l’imposant temple du Dieu Shani. Plusieurs centaines de pèlerins viennent s’y recueillir chaque jour.

Le Dieu Shani vient de la planète Saturne et, fils du Soleil, revêt des couleurs orange. Vengeur et grand juge, il punit tous les pécheurs, y compris les Dieux. Son symbole, c’est l’obstacle. Dans son temple, une myriade de femmes aux couleurs vives foulent, pieds nus, le sol sacré. Toutefois, aucune d’elles ne pourra contempler Shani de près : le Dieu, représenté par une pierre, n’accepte que des hommes à ses côtés. Ces derniers doivent obligatoirement porter un pagne orange autour des hanches et s’être fraîchement purifiés.
À l’entrée du temple, les pèlerins doivent faire tinter une cloche pour réveiller le Dieu. Deux colonnes se profilent. L’une concerne tous les croyants, et l’autre les élus. Ces derniers, les bras chargés d’offrandes, pourront enduire Shani d’huile.
À l’intérieur, sur les dalles brûlées par le soleil, la foule dense se recueille en silence. Les prières des gourous sont reprises en chœur par une horde de fidèles et, sur les parois blanches, la croix hindoue s’inscrit, éblouissante.
Même des non-hindous ont fait le déplacement : ici, contrairement à d’autres temples hindous, toutes les religions sont tolérées.
Mais déjà, l’heure du déjeuner approche. Ici et là, on distribue du pain, comme une bénédiction. Le temple de Shani, à l’image du refuge, protège et rassure.