Un gourou miraculeux

En Inde, Sathya Sai Baba est une icône vivante. Et, bien qu’il ne soit pas né Dieu, à Shirdi, un temple a été érigé en son nom. Durant sa vie, il n’a cessé d’émerveiller le monde par des miracles quotidiens. Alors, Sai Baba, Homme ou Dieu ? Qui sait… »Il n’y a qu’une religion, celle de l’amour ; une seule caste, celle de l’humanité ; un seul langage, celui du cœur ; un seul Dieu, omniprésent « . Sai Baba

Il était une fois, dans un village, une fille très pauvre. Et, bien qu’elle possédât une lampe, elle n’avait pas d’huile pour l’allumer. Alors, la lampe restait éteinte, encore et encore. Mais un jour, la fillette alla voir Sai Baba.  « Ne t’inquiète pas, l’apaisa-t-il. Tu auras de la lumière chez toi, et même au-delà. » En effet, Sai Baba ne se limita à sa lampe seule, il illumina aussi toutes celles du village. Et comment ? En versant de l’eau dans chacune ; puis, en effleurant l’onde de son bâton. La fillette fut si heureuse qu’elle chantât, et Sai Baba sourit.

On dit que Sai Baba est venu de nulle part. Toutes les religions se l’approprient, et pourtant, il n’est ni hindou, ni musulman, ni chrétien. Par contre, il prétend être le fils de Dieu, et donc un messie. Son temple est l’un des plus réputés d’Inde. Cependant, quand on y pénètre, on tombe en stupéfaction. Où sont donc passées la spiritualité, la grandeur sacrée de l’hindouisme ? Dès l’entrée, les contrôles sont sévères. Appareils photo et portables prohibés ! Les fouilles, très rigoureuses, ralentissent considérablement le flux des fidèles. La foule est massive et persévérante. En effet, pour accéder au puja, il faut être prêt à patienter plusieurs heures. Comme dans un parc d’attractions, les croyants attendent en file indienne, parqués dans un réseau de barrières. Puis, quand enfin on atteint la salle de prières, la déception se renforce. Car, encore une fois, la scène, le puja, n’est pas visible et on se retrouve compacté tout au fond, dans une masse qui, avide, attend. On en ressort un peu blasé, même écœuré. Qu’est devenue la religion ? Un business ? Un phénomène marketing ? Où a donc sombré son importance méditative ?