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Un comité de soutien pour Davina

Davina Osenge a 18 ans et est une jeune lycéenne du lycée Hilaire de Chardonnet, tout juste bachelière.
Ces derniers mois, la situation de la jeune fille est devenue critique, faute de papiers en règle.

Arrivée en France avec un faux passeport, la jeune lycéenne originaire de Brazzaville, en République Démocratique du Congo, est menacée d’expulsion.

Autrefois mineure, Davina a retrouvé son père en France, et a suivi sa scolarité sans problème. Mais à sa majorité, la jeune fille décide de demander un titre de séjour, motivée par l’envie de ne pas être dans l’illégalité. Cette première demande se conclut par une obligation à quitter le territoire. La seconde demande se solde par une assignation à résidence. La jeune fille, entrée sur le territoire avec un faux passeport, ne peut obtenir ses papiers. « Je ne peux pas tout faire comme tout le monde » confie la jeune fille.

Davina, à droite, et quelques unes de ses amies.
Davina, à droite, et quelques unes de ses amies.

Après avoir obtenu son baccalauréat STMG avec mention Assez Bien, la jeune fille souhaite poursuivre ses études par un IUT à Troyes, dans le but de devenir Directrice des Ressources Humaines. Elle a d’ores et déjà été acceptée dans cette université. Mais pour l’instant, ses projets d’avenir restent en suspens, car tous les jours Davina doit se présenter au poste de police pour signaler sa présence, avec le risque quotidien d’être retenue en centre de détention puis expulsée. L’assignation à résidence que subit Davina la met dans une situation inconfortable, empêchant la jeune fille de fonder son avenir professionnel. « C’est dur car je subis cette situation, et ça me met un peu la pression. Tous les jours à 15h je dois aller pointer à la police : je ne suis pas une criminelle, je ne suis jamais allé dans un poste de police avant ça… » raconte Davina.

Davina, au premier plan, et Anne-Marie Picoche.
Davina, au premier plan, et Anne-Marie Picoche.

Alertée par le fardeau que subit la jeune fille, un comité de soutien se met en place pour lui venir en aide, composé de certains de ses professeurs, d’amis lycéens, de membres de sa famille et d’associations telle que l’Association des chrétiens dans la ville ou le Réseau Education Sans Frontières.

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Le comité de soutien pour l’avenir de Davina.

Anne-Marie Picoche, présidente de l’association des chrétiens dans la ville, anime la réunion. « On est une association socio-culturelle. Donc on fait du culturel, et aussi l’aide aux personnes en difficulté administrative. Nous ça fait une quinzaine d’années qu’on s’occupe des demandeurs d’asile, des personnes en difficulté d’insertion, en difficulté administrative ou dans la précarité. » précise Anne-Marie Picoche.

Les professeurs de Davina se mobilisent.
Les professeurs de Davina se mobilisent.

Les professeurs du lycée décident de s’isoler pour écrire un courrier de soutien à la jeune fille, destinée à paraitre et être diffusé. Le comité contacte la presse pour faire connaitre les difficultés que rencontrent Davina et faire évoluer sa situation. « Par nos actions, on espère éviter l’expulsion de Davina et faire entendre raison au préfet et ses responsables. » ajoute Anne-Marie Picoche.

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Le comité de soutien sur les marches de l’Hôtel de ville.

Pour pallier à l’assignation à résidence, les membres du comité décide qu’une personne accompagnera Davina chaque jour au commissariat.

« J’ai envie que tout ça se termine, faire mes études normalement sans me soucier de ces problèmes de papier. » livre Davina.

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Affaire à suivre…