Un barrage…un mort…!

Ce samedi 1er novembre s’est tenu, place de l’hôtel de ville de Chalon (71), un rassemblement à la mémoire de Rémi Fraisse, décédé sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn) le 26 octobre. Ce jeune homme de 21 ans, militant écologiste, a été tué par l’explosion d’une grenade offensive, lancée par un gendarme.

 Un rassemblement pacifique

Tandis que certaines manifestations, organisées dans de multiples villes de France, ont mené à des échauffourées avec la police et des dégradations de biens, le rassemblement de Chalon-sur-Saône s’est déroulé dans le calme.

En effet, une centaine de personnes s’est rassemblée à côté de la mairie, et déjà, une banderole se déplie, des bougies sont allumées et des tracts sont distribués.

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Militants, engagés… 

Quelques participants affichent leurs opinions sur des panneaux brandit au-dessus des têtes, les discussions dans la foule se font et se défont.

SAMSUNG CSCDes panneaux explicatifs sont dressés comme point d’information sur le rassemblement, ils retracent rapidement l’histoire du barrage du Testet, les valeurs défendues par les militants écologistes comme l’était Rémi, et le rôle d’un État qui, selon eux, impose ses décisions par la force. À côté, une table accueille toutes sortes de tracts d’associations, de collectifs et autres mouvements, engagés dans la lutte contre la construction notamment d’un supermarché et d’un club de vacances. On appelle à signer les pétitions.

 … Viennent s’exprimer

Peu à peu, les gens se rassemblent et quelques personnes se succèdent à la lecture de témoignages personnels ou de communiqués d’associations. Sont abordés la mort de Rémi et ses supposées circonstances, une critique de « l’État de droit » et des violences policières, et les luttes en cours sur d’autres sites français. Les militants tiennent à faire un point sur les débordements de violence à la suite de rassemblements et tiennent à affirmer leur caractère pacifique.

S’en suit alors une minute de silence à la mémoire de Rémi, et de « tous ces insoumis que l’État tue », ajoute un militant.

 Quelques participants se confient

Alain, membre de l’ASR ( Action Solidarité Rurale, qui œuvre dans la protection de l’environnement et de la nature ) pense qu’il est important de se mobiliser pour « empêcher l’État d’imposer ses choix aux citoyens, et écouter nos revendications ».

Quelques curieux se mêlent au groupe, notamment Christine, qui commente : « Évidemment, la mort de ce jeune est tragique. Mais les circonstances exactes du drame ne sont pas encore connues et des éléments-clés, comme le sac à dos de Rémi, manquent à l’enquête.  On ne peut pas accuser un policier de l’avoir “ tiré comme un lapin ” comme ils l’ont dit durant la prise de parole. C’est inconscient. »

Peu à peu, la foule se disperse. Un appel au rassemblement est annoncé pour le 5 novembre, devant la Cour d’appel de Dijon, à la faveur d’Emmanuel Giboulot, viticulteur bio en Côte-d’Or, condamné à 500 euros d’amende pour avoir refusé de traiter ses vignes avec des pesticides.