Trop facilement oubliés

Au Vietnam aussi, les handicapés sont généralement exclus de la société, mais des associations se mobilisent pour leur permettre de devenir des citoyens comme les autres.

Au Vietnam aussi, les handicapés sont généralement exclus de la société, mais des associations se mobilisent pour leur permettre de devenir des citoyens comme les autres.

Victimes de maladies, infirmes à la naissance ou encore invalides de guerre, 10% des Vietnamiens (soit environ 7 millions de personnes) sont handicapés. Plus de neuf sur dix vivent à la campagne. Les vétérans sont les mieux indemnisés, alors que les enfants malades ou les accidentés représentent souvent une charge pour les parents qui n’ont pas forcément les moyens de s’en occuper. 38% des familles de handicapés reçoivent des aides du gouvernement et 1% vivent dans des centres spécialisés.

Sur la route de la célèbre baie d’Ha Long, le centre humanitaire de Soa Do Town vend aux touristes de passage des produits fabriqués par des sourds-muets, ou des victimes d’autres handicaps. Dans le magasin, les vendeurs abordent gaiement les clients en anglais ou en français et n’hésitent pas à leur faire visiter l’arrière-boutique. Tableaux tissés, paniers et broderies sont produits sur place par les jeunes, visiblement satisfaits de leur situation. « Notre but est de faire de faire en sorte que ces enfants handicapés deviennent des travailleurs qualifiés, avec des compétences professionnelles, et de les aider à éradiquer leur complexe d’infériorité pour s’insérer dans la société, tout en contribuant à l’économie du pays », explique un encadrant. « Des professeurs viennent sur place pour apprendre aux enfants de 10 à 15 ans le langage des signes » ajoute-t-il, avant de reconnaître que lui-même maîtrise mal ce langage.

Ce centre bénéficie d’aides de l’Etat, mais dépend principalement d’investisseurs étrangers, comme beaucoup de projets humanitaires dans le pays. Ainsi l’ONG américaine World Concern Development Organization vient en aide aux enfants infirmes de la ville de Da Nang, en leur enseignant un métier. « Il s’agit avant tout de faire accepter le handicap à la famille » souligne Mme Nguyen Thi Luong Duen, coordinatrice du projet. « Les élèves apprennent le métier de leur choix (réparateur de moto, coiffeur, banquier…) et ils bénéficient du parrainage d’un professionnel (contre une rémunération de 10 € de l’ONG) qui leur apprend concrètement une profession.

Ces initiatives transforment la vie de jeunes handicapés en leur permettant d’accéder à la vie active et sociale. L’Etat dispose aussi de quelques centres spécialisés mais ils restent très rares, et par conséquent élitistes.