Tri-théatrie

Mardi 1er décembre l’Espace des Arts s’est transformé, à l’initiative du planning familial en lieu d’échange et de prévention contre le sida. À cette occasion, 10 élèves de première qui suivent l’option théâtre facultative au lycée Hilaire de Chardonnet ont proposé aux spectateurs, à travers des extraits de la pièce Angels in America écrite par Tony Kushner, un voyage dans le monde des sidéens.

10 élèves de première qui suivent l’option théâtre facultative au lycée Hilaire de Chardonnet
10 élèves de première qui suivent l’option théâtre facultative au lycée Hilaire de Chardonnet avec Mme Stéphane Chansigaud, professeure encadrant le groupe après la représentation

Un fauteuil rouge au centre de la scène. Chacun l’utilise comme appui dans différentes situations se délestant sur son dossier d’un poids qui les ronge : le sida. Tous les personnages sont touchés directement ou indirectement par ce fléau. Mais chacun réagit différemment. Quand les uns se résignent, d’autres se rebellent, lorsque certains s’affaiblissent, d’autres bombent le torse. « J’ai demandé à chaque acteur de ne surtout pas oublier le sujet : révélation de la maladie à ses proches, vécu des malades, refoulement » souligne Mme Stéphane Chansigaud, professeure de théâtre. Ayant à cœur de transcrire les ravages du virus, les élèves s’appliquent à jouer juste. Pas de pathos excessifs. Aucun cri déchirant. Seulement une mise en scène simple, élaborée par les apprentis acteurs en coopération avec Éloïse Brunet, la comédienne qui les encadre, et une interprétation brute de toutes les réalités de la maladie. « Avoir le sida, ce n’est pas la même chose qu’avoir le cancer, ça touche à l’intime, lance la professeure aux élèves, ça met sur la place publique un sujet tabou : avec qui vous couchez ».

Sarah, élève de 1èreL, surenchérit : « En plus, on pense toujours que le sida vient des homosexuels ou des drogués ». Créée en 1991, cette pièce véhicule, elle aussi, ce cliché. « Ce qui me dérange avec cette pièce, c’est qu’elle est trop fixée sur les homosexuels », confie Henri, élève de 1èreS. Mais le reste du groupe s’empresse de lui rappeler que cela est dû au contexte. À l’époque, le virus était assimilé aux homosexuels. Mais pour ne pas inculquer cet a priori aux spectateurs, majoritairement des collégiens et des lycéens, « nous assurons le Service Après Vente » ironise Yann, élève de 1èreL. Aussi, après la pièce, les élèves éclaircissent les propos et le contexte et présentent leur personnage, partageant alors leur ressenti avec le public.