Tout d’un grand

Xavier Petit est le commandant en second du sous-marin Le Triomphant. Mais il est aussi et avant tout un sous-marinier comme les autres. Portrait d’un homme au métier hors du commun.

Xavier Petit, Commandant en second du Triomphant
Xavier Petit, Commandant en second du Triomphant

Petit-fils et fils de sous-marinier, Xavier Petit a perpétué la lignée familiale de marins. Sorti de l’École Navale, familièrement appelée « la Baille », il débute sa carrière d’officier en surface. Commandant d’un patrouilleur en Polynésie française, il se frotte également à l’aéronautique pendant quatre mois, d’abord sur le porte-avions Foch (vendu au Brésil depuis, NDLR) puis sur le Charles-de-Gaulle. Mais l’appel des fonds sous-marins est si pressant pour ce natif de Toulon qu’il s’engage sous l’eau. « Je voulais un métier spécial, spécifique, exaltant. Jeune, je voulais aussi avoir des responsabilités et un outil militaire techniquement pointu en main » justifie-t-il. Et, selon ses propres dires, il a été servi ! « J’ai commandé et passé plus de dix ans sur un sous-marin nucléaire d’attaque » (SNA), « et je suis depuis maintenant un an et demi sur un SNLE », un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, explique-t-il. Pour accéder à ce type d’engin, Xavier Petit a dû suivre une formation complémentaire, notamment sur les chaufferies nucléaires qui équipent les SNLE. Une telle affectation, « c’est une mission forte puisque c’est la première mission des armées, avoue-t-il. On se sent investi d’une mission très particulière. »

Second, mais des responsabilités de premier ordre

Alors que le Triomphant est à quai pour réparations, le rôle de ce « frégaton », diminutif donné aux capitaines de frégate, se limite au suivi de ces travaux, souvent menés par des entreprises extérieures, notamment DCNS. Dès le départ en mer, sa priorité devient le bon ordre de marche de l’équipage. « Ma première responsabilité est de vérifier si l’équipage fonctionne correctement, qu’il est bien entraîné, et que chacun connaît son rôle et soit à la bonne place. De plus, il y a des jeunes à ‘amariner’, c’est-à-dire à former et à aider à bien travailler en équipe. Enfin, je dois m’assurer du moral de l’équipage durant les patrouilles : c’est une particularité qui nécessite un suivi permanent, car il faut s’assurer que l’équipage puisse supporter la coupure familiale et vaque à ces fonctions de quart, d’entretien et de formation. »

Commandant en devenir

Xavier Petit, Commandant en second du TriomphantEn tant que commandant en second, Xavier Petit est l’un des rares à bord à connaître en permanence l’emplacement du sous-marin. « Seuls le commandant, les personnes chargées de mettre en œuvre le système de navigation et moi-même sommes au courant de la position du bateau : cela fait environ cinq personnes » commente-t-il, ses cinq galons (trois d’or entrecoupés de deux blancs) aux épaulettes, signe de son grade de capitaine de frégate.
En revanche notre homme ne dispose pas de l’accès au fameux « bouton nucléaire », puisque celui-ci… n’existe pas, tout simplement. Le système est informatisé, par le biais de codes que doivent déchiffrer les hommes du PC navigation. « Nous devons attendre l’ordre direct du Président de la République pour lancer les missiles nucléaires » précise Xavier Petit.
Fin 2010, il sera capitaine de vaisseau et pourra alors prétendre au commandement d’un SNLE. « C’est mon aspiration. Normalement, après deux ans comme commandant en second du Triomphant, je devrais commander l’un des trois autres SNLE. Cela se fait par sélection, mais la Marine peut aussi décider ne peut pas vous retenir pour la suite. » Il rejoindra au rang des commandants de sous-marins nucléaires son frère, Thierry Petit, à la tête d’un SNA. Quand on vous dit que c’est une affaire de famille…