TireLire boîte à trésors de Calderon

En octobre 1991, deux ans après la Révolution, les élèves du lycée Jean-Louis Calderon se dotent d’un journal rédigé entièrement en français : TireLire. L’idée est née dans le cadre d’un atelier journalisme, lors d’un stage de pédagogie. Le journal, comme son nom l’indique, est le réceptacle du talent et de la créativité des jeunes Roumains.

Les débuts sont durs: dans la cave du lycée, les méthodes d’impression sont archaïques et les couvertures sont alors découpées à la main. Peu à peu, la rédaction s’équipe grâce aux amis, aux collaborateurs, aux écoles françaises jumelées. Le numéro six est le premier à être maquetté sur ordinateur.
C’est l’occasion d’apprendre à travailler en équipe et de collaborer avec des jeunes Français, tout en rendant hommage au journaliste français Jean-Louis Calderon.
Les TireLiriens font très tôt leurs preuves. Dès 1993, ils reçoivent le premier prix de l’Association de Langue Française de Roumanie. La même année commence la liaison avec le Clemi (service d’éducation aux médias de l’Education Nationale) et le journal Millefeuille du collège de Buxy (71) qui publie la participation de TireLire à l’opération « Fax! ». Le lycée se lance ainsi dans le « circuit faxé européen »: des articles d’écoliers de différents pays du monde, sur le même thème, sont rassemblés dans une publication commune, dont la réalisation est confiée à l’une des équipes. TireLire pilote deux opérations « Fax! » sur les thèmes « Les voyages forment les jeunes » et « Différents jamais indifférents ».
Après neuf ans de publication régulière, TireLire en est à son trentième numéro. Le numéro 31 devrait faire une large place à la visite de Typo à Timisoara.
Les conditions de réalisation du journal sont aujourd’hui encore relativement difficiles, puisque l’équipe ne dispose d’aucun budget, et qu’elle ne peut vendre le journal.
Les parents ont offert les ordinateurs, les imprimantes, la photocopieuse, bref, tout le matériel dont la rédaction avait besoin.
Deux fois par an, des thèmes sont lancés, sur lesquels tous les élèves de la section bilingue sont susceptibles d’écrire.
Depuis peu, TireLire a même un site Internet, présentant le lycée et donnant des détails sur les opérations faxées. On y trouve également un exemplaire de chaque numéro, et le premier roman franco-roumain par fax.
Les rédacteurs espèrent améliorer encore les conditions graphiques et développer en particulier les journaux faxés, pour se faire connaître du monde francophone comme de la Roumanie.
Mais surtout, ils cherchent des élèves pour prendre leur relève, car ils souhaitent une très longue vie à TireLire.