Système scolaire en construction

Pour Abdelouahab Benajiba, directeur de l’Académie régionale d’éducation et de formation de la région Marrakech – Tensift – Al Haouz, « Le système éducatif marocain est un grand chantier qui est devenu la première priorité nationale. » Des projets d’amélioration et de mise à niveau éclosent, mais le manque de finances reste une importante barrière.

« Comme tous les systèmes, notamment dans les pays en voie de développement, le système éducatif marocain a besoin d’être réformé, d’être amélioré à tous les niveaux », explique-t-il.
« Comme tous les systèmes, notamment dans les pays en voie de développement, le système éducatif marocain a besoin d’être réformé, d’être amélioré à tous les niveaux », explique-t-il.

L’académie de Marrakech, la 3ème du Royaume avec un peu moins de 700 000 élèves et plus de 32 000 fonctionnaires employés, a placé la barre de ses ambitions à la hauteur de ses dimensions. Son recteur depuis cinq années, Abdelouahab Benajiba, bouillonne de projets. Un vrai paradoxe quand on écoute la voix calme et posée de ce professeur de biochimie âgé de 59 ans. « Comme tous les systèmes, notamment dans les pays en voie de développement, le système éducatif marocain a besoin d’être réformé, d’être amélioré à tous les niveaux », explique-t-il.

L’académie régionale d’éducation et de formation de la région Marrakech – Tensift – Al Haouz, c’est son nom officiel, ne déroge pas à la règle. Son siège de la très passante avenue Allal-el-Fassi, dans le Guéliz marrakchi, risque donc d’être le point de départ de sérieuses manœuvres éducatives dans cette zone à peine moins grande que la Bourgogne.

Une autonomie plus grande

À commencer par la décentralisation, un « chantier très important et prometteur » toujours selon les dires de ce natif de Tétouan. La loi 07-00 libère en effet l’État de ses responsabilités au niveau du système éducatif. Les seize AREF – Académie régionale d’éducation et de formation – du pays jouiront de facto d’une bien plus grande autonomie, qu’elle soit morale, scolaire ou financière. « Cette loi va permettre de concentrer les gestions au niveau des régions, qui constituent l’avenir et la garantie du développement des nations. »

« En premier lieu, l’enseignement doit être généralisé. Une loi existe déjà, stipulant l’école obligatoire pour les enfants de 6 à 15 ans. Elle doit cependant être plus appliquée sur le terrain.
« En premier lieu, l’enseignement doit être généralisé. Une loi existe déjà, stipulant l’école obligatoire pour les enfants de 6 à 15 ans. Elle doit cependant être plus appliquée sur le terrain.

En avril 2008, le Conseil Supérieur de l’Éducatif a rendu son premier rapport, montrant du doigt les progrès généraux de l’école marocaine. Mais quelques dysfonctionnements persistent, dont trois cruciaux qui ont retenu l’attention de ses membres. Et d’Abdelouahab Benajiba. « En premier lieu, l’enseignement doit être généralisé. Une loi existe déjà, stipulant l’école obligatoire pour les enfants de 6 à 15 ans. Elle doit cependant être plus appliquée sur le terrain. L’objectif est que le taux de scolarisation sur cette tranche d’âge atteigne, au minimum, 95 % ».

« La mise à niveau des établissements est un autre chantier urgent. Surtout dans le milieu rural, où les infrastructures, la qualité de l’instruction et de la vie scolaire, l’assiduité et la stabilité des enseignants peuvent être corrigés et améliorés ».

Des moyens insuffisants

Terrain de sport d'un lycée privé de MarrakechEnfin, dernière affaire et non des moindres, une autonomie des établissements est à l’ordre du jour. Des pôles d’excellence, autour de matières bien spécifiques comme les langues, les sciences ou les sports, verront le jour. Objectif de cette innovation : proposer une plus grande palette de choix pour l’étudiant et tracter les organisations moins huppées vers l’avant.

Les desseins sont là, les dossiers s’entassent déjà dans les meubles. Mais bien malheureusement, la région ne signe pas de chèques en blanc et l’Académie doit faire face à des moyens trop limités. « Nos ressources restent insuffisantes, compte tenu de nos grands défis », concède le recteur, « Nos dépenses et notre gestion des ressources humaines doivent être raisonnables ». L’horizon semble pourtant se dégager. L’engagement de nombreux partenaires, avec en-tête l’État, donnera naissance à un fonds de soutien pour le développement de l’enseignement.