Sur le chemin de la croissance

Le bilan économique catastrophique de l’ère Ceausescu pèsera encore longtemps sur la Roumanie. Il a laissé un pays appauvri avec un potentiel industriel minime. Pourtant, l’économie roumaine redémarre. Le pays compte beaucoup sur sa jeunesse mais attend encore un coup de pouce de l’étranger.

Économie

Première vision à l’arrivée en Roumanie: routes défoncées, grands blocs de béton abritant des milliers de personnes, façades délabrées, mendiants à tous les coins de rues… Une image qui laisse entrevoir une situation économique peu réjouissante. Pourtant, Timisoara est l’une des villes les plus riches du pays!
Le salaire minimum est d’environ 1,4 million de lei, soit 60 euros (390 francs), ce qui donne tout de suite un aperçu du train de vie roumain, un pays pratiquement dépourvu de classe moyenne: on est riche ou pauvre! Ainsi, 5% de la population est très riche, vivant dans le luxe, tandis que les 95% restants sont considérés comme pauvres. Certains vivent même dans une misère extrême. Le chômage est très important, mais paradoxalement, l’offre d’emploi est pour ainsi dire égale à la demande. Les jeunes refusent les propositions, jugeant les salaires beaucoup trop faibles.
Difficile d’avoir des chiffres sur la pauvreté en Roumanie: les statistiques n’existent presque pas, et si certaines sont publiées, elles sont la plupart du temps faussées.
A Timisoara, aucune donnée officielle n’est donc fiable, mais il est certain que les pauvres se comptent par milliers. Le pays vit actuellement une véritable transition économique, et on peut espérer de ce fait une amélioration de la situation dans les années futures. D’ailleurs les chiffres tendent à le prouver.
En effet, après trois ans d’une récession économique proche de 6% par an, l’économie roumaine a redémarré au début 2000, avec un taux de croissance proche de 2%. Sur les neuf premiers mois de l’année 2000, la production industrielle a augmenté de 7,6% par rapport à la même période de 1999 (ces chiffres ne prennent pas en compte l’économie informelle dont les experts estiment qu’elle représente aujourd’hui près de 50% de l’économie déclarée). L’exportation et les investissements étrangers ont joué un rôle moteur dans cette relance.
Même si on estime que la Roumanie a encore besoin d’une vingtaine d’années pour atteindre un niveau de vie décent, la croissance se fait déjà sentir et le pays commence à entreprendre des programmes de lutte contre la pauvreté.
Les jeunes ont confiance en leur pays et ne veulent pas le quitter, même s’ils en ont l’occasion. Tous savent que cela ira mieux dans quelques années si les capitaux étrangers cessent de laisser de côté la Roumanie.