« Sortir du Nucléaire »

De tous les partis politiques français, les Verts sont les seuls à ne pas plébisciter l’énergie nucléaire. Pour eux le risque d’accident nucléaire et la longévité des déchets font d’elle, une énergie aux antipodes de ce que l’on nomme le développement durable. Ils ont établi un plan qui permettrait à consommation égale de sortir du nucléaire en France d’ici 25 ans.

« On peut s’y mettre dès demain »

 M. Cordier, vice-président du Conseil Régional de Bourgogne et militant vert, présente, schéma à l’appui, le planning établi par son parti afin de sortir du nucléaire. Sur l’un des graphiques, on peut voir la consommation d’électricité d’un frigo selon son époque de fabrication. Actuellement, la dépense énergétique du meilleur frigo est 4 fois moins importante que celle des premiers frigos. « Il en est de mêmes pour beaucoup d’appareils électroménagers, assure M. Cordier. Cela veut dire qu’à confort égal, on peut, avec des progrès techniques, consommer encore moins d’électricité. »

Le point fondamental sur lequel repose le plan des écologistes est le suivant : il faut que la France arrête l’exportation de son énergie électrique. « Si cela est fait maintenant, il sera possible de se passer du nucléaire à la fin de vie des centrales, affirme M. Cordier. C’est-à-dire dans 25 ans. »

« Un cocktail d’énergies renouvelables »

Une question se pose : si l’on se passe du nucléaire par quoi va-t-on le remplacer ? Des énergies renouvelables. « Si vous mettez une éolienne de 2 MW dans la campagne, elle peut alimenter un canton de 2000 habitants, raconte M. Cordier. Un employé d’EDF vous dira : « Ca ne marche pas. Il n’y a pas du vent tout au long de l’année ». « Mais il faut utiliser un cocktail d’énergies renouvelables. », ponctue Alain Cordier.

Les verts préfèrent les générateurs d’énergie « locaux ». Ainsi chaque commune s’occupe de son éolienne et de ses panneaux solaires. « Cela responsabilise les gens vis-à-vis de leur consommation énergétique, explique M. Cordier. » Cependant, même en se basant sur plusieurs énergies renouvelables, le besoin énergétique actuel n’est pas satisfait. Il est encore nécessaire d’utiliser des turbines à gaz haut rendement pour combler le manque. « Ce plan a été cependant fait avec les technologies actuelles, décrit M. Cordier. Actuellement, plus de 80 % de la recherche française en énergie est investie dans le nucléaire. Si cet argent était reversé dans les énergies renouvelables, les résultats pourraient encore être améliorés. Notre but est de se passer du nucléaire puis progressivement des centrales thermiques. Nous sommes dans un monde limitée en matières premières et en ressources, il va bien falloir donc stopper la progression de notre consommation et se dire que 2 téléviseurs par foyer c’est largement suffisant. »