Revue de presse indienne : Nicolas Sarkozy en Inde

Le président de la République française était l’invité d’honneur des cérémonies de célébration de la fête nationale indienne le 26 janvier 2008. La presse locale a été séduite par son dynamisme et son insouciance face au protocole.

Nicolas Sarkozy et la présidente Pratibha Patil« C’est pourtant le pays du Kama SutraCarla Bruni, vous êtes bien la venue en Inde avec l’homme de votre vie. » C’est ainsi qu’une chroniqueuse du Sunday Times du 20 janvier se moque de la bureaucratie indienne démodée et frileuse. L’Etat indien craint le scandale si le président français vient accompagné d’une première dame qu’il n’est pas sa femme, mais simplement sa compagne. Une autre chroniqueuse s’amuse de la comparaison entre Nicolas Sarkozy et des politiciens indiens. « Ils sont peu romantiques, vieux et plus attachés au pouvoir qu’à la vie de couple » critique-t-elle.

L’ « affaire Carla » a fait la Une et l’hebdomadaire gujrati Chitra Lekha. En faisant référence à une chanson de film hindi, le magazine présente le chef d’Etat français comme une star romantique de Bollywood. Bien que sa future épouse ne l’ait pas accompagné en Inde, il s’est entêté à visiter seul le romantique Taj Mahal, et a laissé dans le livre d’or un « Je reviendrai ».

« Sarkozy : peu de dignité, beaucoup de humanité » titre Shashi Tharoor, ancien diplomate indien et auteur renommé dans sa chronique du Sunday Times. « En affichant sa vie privée, Sarkozy a peut-être affaibli la dignité du statut de président, écrit-il. Mais il est président à une l’époque où la dignité est moins importante que l’humanité. Son attitude est  conforme à sa stratégie délibérée de transformer la présidence. »

Des Sikhs protestent

La visite du président Sarkozy a été l’occasion pour des Sikhs de manifester leur mécontentement face à l’interdiction du port du turban dans les écoles publiques françaises. Des membres de l’Akali Dal, un parti politico-religieux implanté dans le Pendjab, se sont rendus à Delhi pour y brûler l’effigie du président français. Des représentants de l’autorité religieuse sikh ont été reçus au ministère des affaires étrangères, afin que la question soit discutée avec le président français.

Est-ce vraiment la bonne manière de procéder ? Narayani Ganesh affirme dans le Times of India que « la laïcité française devient aussi rigide et peu démocratique que des extrémistes religieux ». Mais le Times of India pense que la question demeure française et que le premier ministre indien n’a pas à mêler. Néanmoins l’hebdomadaire India Times du 11 février rapporte que Manmohan Singh a posé la question de la légalisation du turban au président français. Ce à quoi il aurait répondu « je vais voir ».

Une visite insouciante, séduisante, dynamique

Selon India Today Nicolas Sarkozy « s’est montré à la hauteur de sa réputation flamboyante, il a apporté du style et de la substance à sa visite. Il a tourné le dos aux protocoles et a séduit ses hôtes avec sa volonté de faire davantage pour l’Inde».

Sa visite de quatre heures au Taj Mahal a suscité un moment d’inquiétude pour New Delhi. Nicolas Sarkozy est en effet arrivé trente minutes en retard à la soirée du président Pratibha Patel. Les services diplomatiques et les journalistes indiens ont été impressionnés par ses plaisanteries et par le rythme vertigineux de sa journée du 26 janvier : défilé militaire, Taj Mahal, soirée chez le président indien et discours à la communauté française avant de s’envoler vers Paris.