Quand les jeunes peignent le département de demain.

La Saône-et-Loire, avec ses 554 000 habitants est aujourd’hui confrontée à une question soulevée par le Conseil Général. Comment  va évoluer le département dans les 20 prochaines années ? C’est le but de la grande consultation Sirius. Eléments de réponses, propositions de jeunes Saône-et-Loiriens. (Publié dans le supplément du Journal de Saône et Loire du mardi 22 novembre 2011).

Une question difficile lancée par le Conseil Général. Comment va se développer notre département de la Saône-Et-Loire en 20 ans ? Si 2030 n’est pourtant pas pour demain, se projeter dans le futur paraît néanmoins primordial. C’est le but de la consultation Sirius lancée par la collectivité territoriale. Typo a donné la parole à de jeunes Saône-et-Loiriens pour essayer de dresser un portrait de leur département de demain.

Préserver, développer la culture.

La culture, le patrimoine, voilà les principales préoccupations des jeunes pour l’avenir de leur département.. Pour eux le constat est unanime, il faut conserver la culture de la Saône-Et-Loire, trop peu connue, et surtout développer ses atouts. « Pourquoi ne pas rénover les quais de Saône dans leur intégralité (ou presque) et créer des routes cyclables à sa bordure pour favoriser le tourisme ? Propose Harald Leduc, photographe, élève au lycée Pontus de Tyard de Chalon sur Saône. Il poursuit « il est primordiale de conserver également notre culture propre en créant des musées destinés aux arts du vignoble, à l’utilisation de la Saône à travers l’Histoire… ». propose le jeune artiste. Pour Maxime Thiebaut, Secrétaire Général de Debout Les Jeunes, il faut replacer le jeune au centre de la vie du département qui pourrait passer par « la création de nouveaux rendez-vous artistiques, rassemblant et unifiant les jeunes » explique-t-il. « Un jour dans l’année pour célébrer la musique c’est trop peu. Il faut permettre aux jeunes d’exalter leur énergie et leur talent » poursuit Harald, le jeune photographe. Tous deux sont suivis par Mathilde Choquart, une lycéenne chalonnaise « de nombreux concerts gratuits ou à petits prix devrait voir le jour ! Malheureusement aujourd’hui, malgré les efforts déjà réalisés sur cette voie, la culture n’est pas nécessairement accessible à tous » constate tristement et à raison la lycéenne. Qui dit culture dis aussi dans la tête de ces jeunes divertissement, pour Béranger, élève de seconde au lycée Pontus de Tyard, la Saône et Loire en 2030 est un département doté d’un véritable parc d’attraction. « Aujourd’hui, pour profiter de vraies attractions, il faut aller à Paris, à Poitier » déplore le lycéen, « un parc d’attraction, en plus de faire tourner l’économie permet de rassembler les familles, les gens entre aux et ce dans la joie et le jeu ».


Si on parlait d’éducation

Quand sera-t-il dans 20 ans de l’éducation dans le département rural qu’est la Saône et Loire, avec les problèmes qu’elle connait aujourd’hui ? Pour Mathilde Choquart, il faut « plus de professeurs et des classes moins chargées, une revalorisation des établissements scolaire ». Concernant les nouvelles technologies, des efforts peuvent être fait « je ne veux pas voir des télévisions ou encore des ordinateurs à la place des professeurs, ce n’est pas possible. Cependant, les nouvelles technologies font aujourd’hui partie intégrante de notre vie et doivent être utilisées comme support. Il semble inévitable de passer à côté aujourd’hui » explique la lycéenne. Justement à l’heure où ces nouvelles technologies sont utilisées par tous, quand sera-t-il également de la presse scolaire, moyen d’expression, de débat et d’échanges entre les élèves qui se perd pour laisser place à des outils plus rapides, plus efficaces certes tels que les réseaux sociaux, mais néanmoins indéniablement vidés de contenu et d’approfondissement.

Une revalorisation des transports, souder le département.

Une troisième question préoccupe ces jeunes, celle de la mobilité. Dans le département rural le plus étendu de France, la question semble inévitable. Comment vont évoluer les transports de demain ? Mathilde Choquart propose un élément de réponse « la Saône-et-Loire est pour moi aujourd’hui une des « bulles d’Oxygène » du pays, mais elle subit la pollution. Heureusement, certains aménagements pour diminuer le nombre de voitures a vu le jour, des espaces verts sont aussi créés. En 2030 j’aimerais voir une Saône-et-Loire vraiment écologique, qu’elle soit un département qui veut préserver sa planète. Je la vois donc avec plus de transports en communs, hybrides et électriques ». De plus, « la Saône et Loire est un remarquable lieu de passage commercial. Une évolution des infrastructures routières permettrait de vitaliser le département » explique Harald Leduc, photographe lycéen. En effet, dans le département se croisent les principaux axes français de communication nord-sud dont l’autoroute A6 dans la plaine de la Saône et est-ouest avec la Route Centre-Europe Atlantique. De même, le grand axe ferroviaire Paris-Lyon traverse le département, via la ligne classique et la ligne à grande vitesse, avec deux gares TGV : Le Creusot-Montceau et Mâcon-Loché. Enfin, le canal du Centre relie les bassins de la Loire et du Rhône. Des travaux de grandes envergures se tiennent d’ailleurs en ce moment à la gare de Chalon sur Saône qui s’apprête à accueillir la ligne TGV.

Une économie à préserver !

Si le département connaît inévitablement de nombreuses qualités et compétences agricoles et industrielle qui forment aussi ses atouts, son avenir n’en est pas pour autant garantie. Pour Maxime Thiebaut, l’avenir du département, « je le vois sombre, conditionné aux choix nationaux. Il nous faudra donc changer de système si nous ne souhaitons pas devenir le nouveau « Disneyland » de la Chine et des pays émergents » explique le jeune élu. Pour lui, « notre département, comme notre pays étant entrainé dans cette mondialisation inhumaine où le salarié de Phillips par exemple est en concurrence déloyale avec l’esclave Chinois, la « désindustrialisation » devrait se poursuivre conduisant à une paupérisation de la classe moyenne en Saône et Loire ». Quant aux agriculteurs, « leur avenir n’est pas garanti dans une France où le monde politico-médiatique refuse de les aider, préférant obéir aux exigences de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et de l’Union Européenne » explique Maxime Thiebaut. Jérémy Pinto, Animateur Fédéral du Mouvement des Jeunes Socialistes de Saône et Loire voit le futur industriel du département sous un tout autre angle « Notre économie est en parti dominée par les secteur de pointe et de haute technologie.  Le nucléaire, au cœur du débat aujourd’hui en est un bon exemple. Il s’agit ici de technologies présentes dans notre département et que certains pays ne possèdent pas. Il faut avancer dans ces types de secteurs. Pourquoi ne pas développer certains partenariats avec l’Europe à l’image d’Airbus » avance Jérémy Pinto. L’avenir de l’économie du département ne se jouera  certainement pas sans les jeunes, « on se doit de favoriser les modalités d’accès à la création d’entreprise. Aujourd’hui, les démarches sont longues et fastidieuses pourtant nous avons et aurons à faire à une jeunesse créative à qui l’on doit favoriser le lancement » continue le militant socialiste. « Bien sûr, tout le monde a le droit à l’erreur et la création d’un fond de soutien permettrai de progresser » conclu Jérémy Pinto.

Voici divers aspects qui méritent réflexion. Ils restent toutefois à approfondir, à discuter. En tout cas pour ces jeunes, ce sont des préoccupations au cœur de leur réflexion. Des jeunes, qui par leurs activités et leurs idées, sont impliqués dans la vie de leur région d’aujourd’hui et de demain.