Quand le gamelan chante… Bali se découvre

Les gongs retentissent. Le son grave des jegog, des calung et des penyacah envahit la salle, accompagné par les kendang qui battent le tempo. Puis au dessus s’élève la mélodie, jouée par l’ougal, les pomade, les kantilan et le réong. Et voilà le gamelan qui se met en route.

Le gamelan, originaire de Bali, regroupe un ensemble de percussions ne formant qu’un seul et unique instrument, « comme un être humain dont tous les membres s’articulent séparément pour former une seule personne » explique Jean Pierre Goudard musicien et compositeur pour gamelan. Le gamelan est utilisé initialement à Bali lors de rituels, cérémonies et fêtes pour effectuer des offrandes collectives dans le but de préserver l’harmonie du monde. Le Gamelan « est inscrit dans leur vie quotidienne, tous les adultes en jouent et bien qu’amateurs tous les Balinais sont des musiciens hors pair », confie Jean Pierre Goudard. Cet instrument sacré est construit par un « pende », prêtre et maître forgeron. Selon le commanditaire, celui-ci, « avec l’aide de sa famille car c’est une tradition familiale qui se transmet de génération en génération », façonne des gamelan en bambou ou en fer ou en bronze, de tailles différentes, quatre à trente musiciens.

Le gamelan Nusa Cordon, dont la compagnie éponyme dirigée par Jean Pierre Goudard est la seule permanente de France, est un gamelan Gong Kebyar en bronze monté sur des cadres de bois sculptés. Il a été confectionné à Bali durant l’hiver 1999 et est arrivé dans le Rhône-Alpes le 6 avril 2000. Depuis il parcourt la France lors de concerts mais aussi au fil des projets pédagogiques avec des écoles, des conservatoires, des entreprises et des villes. Nusa Cordon a, dans ce cadre, rendu, plusieurs fois, visite au conservatoire de Chalon-sur-Saône cette année. Lors des séances de travail les élèves ont expérimentés les différentes percussions du gamelan, tels les gongs verticaux ou posés horizontalement (réong), les claviers à lames (jegog, calung, penyacah, ougal, pomade et kantilans) et les tambours (kendang). Au début, Jean-Pierre Goudard leur a appris quelques rythmes basiques de gamelan, puis ils se sont laissés entraînés par l’un de leur camarade qui en improvisant vocalement et corporellement sert de chef d’orchestre. Le gamelan mêle ainsi la musique, le théâtre et la danse.

Le gamelan à l’origine destinée aux musiques sacrées à Bali, dévie au fil de ses voyages à travers le monde vers une musique plus contemporaine.