Praxyval : Une population givrotine visiblement contre

Bourgogne Recyclage souhaiterait implanter une usine de prétraitement de déchets industriels, Praxyval, à Givry. La population locale est majoritairement contre, craignant principalement des répercussions sur sa santé et une baisse de la réputation viticole de la région.

En janvier 2006, le groupe Bourgogne Recyclage rachète les locaux de Zolpan pour créer Praxyval, une usine de prétraitement de déchets industriels et ménagers jugés dangereux par les opposants. Les déchets seraient notamment des produits chimiques d’usine, des résidus de colle, de peinture… Le travail de Praxyval consisterait à concentrer ces déchets en retirant le maximum d’eau pour les envoyer dans d’autres usines de traitement.

L’implantation de Praxyval concerne quatre communes : Givry, Dracy, Châtenoy-le-Royal et Mellecey, compte tenu de leur proximité commune avec l’usine. Les conseils municipaux des localités concernées s’opposent au projet et lancent une enquête publique auprès des habitants, début 2008, dont les résultats nets sont les suivants : 16 personnes sont favorables à l’implantation contre 1 882. Le commissaire-enquêteur décrète que l’usine peut s’implanter après une amélioration du projet par l’industriel. Les élus locaux alertent le CODERST (Comité Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques). De son côté, la population locale rédige un document de contre-argumentation et continue à manifester. Finalement, le CODERST rend un avis favorable au projet et le 1er août 2008, le préfet autorise l’implantation de l’usine de prétraitement à Givry.

« En tant que maire de Givry, je lutterai contre ce projet » confie Daniel Villeret. «  L’image de marque de la viticulture risque d’en pâtir ». De plus, le maire craint que les enseignes renommées comme Daucy (conserves de légumes) ou Blédina (alimentation pour nourrisson) ne mettent fin à leur contrat avec les agriculteurs des alentours. Pourtant, « nous, consommateurs, sommes responsables de la production de déchets et ceux-ci doivent être retraités dans notre pays » réplique M. Besson, favorable au projet. Daniel Villeret montre aussi des réticences vis-à-vis de l’innovation du groupe Bourgogne Recyclage qui ne s’occupait jusqu’alors que du tri des déchets solides et qui veut équiper Praxyval d’un aspirateur sous vide, une technique encore jamais utilisée en France : « Le risque serait de mélanger des déchets qui ne sont pas compatibles entre eux et de provoquer une explosion », précise-t-il. D’autre part, le broyage de déchets ménagers dégagerait des solvants dangereux devant être retenus par un filtre exigeant un entretien très suivi. De plus, l’eau retirée des déchets sera filtrée dans une station d’épuration, créée par l’usine, et jetée dans la nature : c’est-à-dire dans l’Orbize, une rivière réputée. Praxyval qui longe la voie verte sera un centre de transit. Le trafic routier augmentera donc, puisque des camions contenant les déchets partiront de l’usine à destination d’autres centres. Cependant, certaines personnes, comme les employés d’une usine installée en zone artisanale, restent confiantes et prennent en compte le dynamisme apporté par cette implantation. Le maire reconnaît également l’utilité de ce type d’installation, mais il préférerait que Praxyval s’implante dans une zone industrielle, loin de toute habitation.