Portrait d’un village indien : Bhanda Gwar

Par une route accidentée, pleine de nids de poules, qui longe des champs infertiles en mouchoir de poche, on arrive à Bhanda Gwar au plus profond du Rajasthan.

Un laitier Gujjar livrant du lait
Un laitier Gujjar livrant du lait

Loin des hôtels de luxe et des lieux touristiques dans l’État de Rajasthan au nord-ouest d’Inde, la terre des rajas (rois en français, d’où le nom Rajasthan) se compose de petits villages. L’un d’eux, Bhanda Gwar, se situe à 200 kilomètres de la capitale Jaipur, surnommée la ville rose.

 

Dans ce coin du Rajasthan 150 foyers de Gujjars, la caste dominante dans cette région, vivent de l’élevage de buffles, de moutons et de leur terre. Sur leur petit lopin de terre, ils cultivent du sorgho, nourriture de base, du sésame, du fourrage. Sur ce territoire aride, tout dépend des pluies. Ils vendent du lait dans les petites villes voisines et gagnent près de 3 000 roupies mensuelles (50 euros). « Mais je dépense la moitié de cet argent pour l’élevage », commente Mathuralal, 35 ans, éleveur de buffle, vêtu d’habit paysan, tout blanc, avec une écharpe en couleur vive.

 

Le village dispose d’un collège pour les enfants. « L’école est gratuite jusqu’au primaire. Le gouvernement a des programmes d’aide qui offrent ainsi le repas de midi, les livres des élèves. Tout est gratuit, mais il existe de la corruption », se lamente le laitier. Mathuralal continue « je paie pour les livres et les fournitures. Cela devient coûteux. »

 

Quelques foyers sont dotés d’électricité. Personne ne possède la télévision, mais 10 pour cent de villageoises possèdent un lecteur de DVD. L’eau courante reste encore un rêve : « Dans notre village, il existe quatre ou cinq pompes à eau. Les femmes rapportent de l’eau presque 10 à 15 fois par jour, pour le foyer et pour les buffles. C’est pénible durant l’été parce que les buffles et les taureaux consomment beaucoup d’eau », commente Sablal, un autre laitier de 34 ans.

 

La plupart de femmes dans les villages indiens s’occupent du foyer, des enfants et œuvrent dans les champs. Le mariage en bas âge est la norme. Chandrakala, la femme de Sablal, mère d’un fils et trois filles n’a que 22 ans. Même si leurs enfants portent les vêtements occidentaux, un signe que la mondialisation touche même les villages indiens, la vie reste traditionnelle : les femmes gardent leur tête couverte avec leur odhani, l’étoffe qu’elles portent sur leur jupe.

 

Le village mire le modèle social indien : la tradition et la modernité se mêlent.