Plus de problèmes que d`avantages au début, mais dans dix ans ce sera mieux.

<< Trois, deux, un ! >> – crie la foule rassemblée un peu partout dans les grandes villes de Roumanie. A Bucarest l`intégration européenne de la Roumanie a été fêtée…deux fois

          Minuit, le 31 décembre 2006.
     << Trois, deux, un ! >> – crie la foule rassemblée un peu partout dans les grandes villes de Roumanie. A Bucarest l`intégration européenne de la Roumanie a été fêtée…deux fois : la première fête Place de  l`Université,  avec le président Traian Bǎsescu, a marqué l`arrivée du Nouvel An. A une heure, c`est l`entrée officielle, selon l`heure européenne de Bruxelles plus précisément, fêtée avec le Premier Ministre  Cǎlin Popescu Tǎriceanu, Place de la Révolution . Même si les deux , le Président et le Premier Ministre ne s`entendent pas très bien, ce moment si important pour le pays a été merveilleux : spectacles son et lumières, des lasers, des drapeaux  des pays européens, de la musique, des discours, des coupes de champagne.
       Sibiu, au centre du pays, a aussi organisé  une grande fête. Cette ville deviendra  ‘’ Capitale de la Culture ‘’ en 2007,  à côté de Luxembourg.
      Le chef-lieu du département de Timiş, Timişoara, ville de la révolution de 1989, a préparé un spectacle exceptionnel pour marquer cet événement. La Mairie et le Conseil Départemental ont organisé un spectacle nommé symboliquement ‘’ Quelque part en Europe ‘’ , pour lequel le metteur en scène Ştefan Iordănescu a employé des équipements très modernes. Cette fois-ci le balcon de l`Opéra, symbole de la résistance anti-communiste pendant la révolution, est devenu le noyau de l`espoir pour une vie meilleure.
      La foule réunie Place de la Révolution était très optimiste. Claudia, participante à cette  liesse populaire, croit que l`intégration ‘’c`est une grande réalisation pour la Roumanie. En devenant Européens, les Roumains ne seront plus considérés comme des marginaux ‘’ . Doris pense plutôt à l`entente entre les peuples : ‘’L`intégration représente un grand pas vers une meilleure compréhension entre les peuples. » D`autres jeunes rencontrés place de la Révolution pensent que ‘’nous allons nous développer du point de vue économique ‘’ (Răzvan). Călin affirme que ce moment est en réalité un retour de la Roumanie dans la grande famille européenne dont elle faisait partie jusqu`à la deuxième guerre mondiale : ‘’ Le régime communiste nous a empêchés de nous développer, comme une camisole de force ‘’, soutient-il et il espère cependant que ‘’ l`Europe ne deviendra pas une entité fédérale d`après le modèle des Etats Unis. »
      Les pessimistes s’expriment aussi : si les jeunes sont plutôt optimistes ou indifférents (la bof génération existe en Roumanie aussi), les adultes sont parfois sceptiques .Une dame d`une quarantaine d`années explique : ‘’Augmentation des prix , augmentation des prix et encore augmentation des prix. » Jasmine, plus jeune, est persuadée que ‘’nous ne méritons pas d`entrer dans l`Union Européenne parce que nous ne sommes pas préparés. » Et elle s’explique : la législation, la corruption. Adriana pense que la Roumanie et la Bulgarie ont été admises finalement ‘’ pour des raisons politiques et de sécurité, pour délimiter l`Europe et l`Asie. » Adrian esquisse un avenir assez sombre : des taxes et des impôts beaucoup plus grands, des lois dures :
‘’ Les plus forts y résisteront, les autres… » et il ne peut plus continuer. Les feux d`artifices couvrent les voix , les espoirs, les appréhensions.
      La conclusion est tirée un peu plus tard par Paula, future politicienne : ‘’ Au début nous aurons plus de problèmes que d`avantages parce qu`il faut moderniser, changer.
Mais dans dix ans,  ce sera mieux », croit-elle. Et nous voudrions lui faire confiance.