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Parcours de jeunes déscolarisés

Ce lundi 26 mai, l’association La Bobine a diffusé le film « Jeune » au cinéma Axel de Chalon-sur-Saône. Une diffusion en présence du réalisateur, scénariste et producteur Christian Zerbib, en partenariat avec les instances en charge de la lutte contre le décrochage scolaire de Saône-et-Loire et la ligue de l’enseignement. Plus de 130 personnes présentes !

Vingt jeunes de Dijon et Toulouse ont choisi de se battre et se sont jeune (Copier)emparés des armes de la création pour raconter leurs parcours de déscolarisation, en toute honnêteté, sans filtres ou barrières avec le spectateur. Les jeunes par le biais d’autoportraits intimes, passent un message d’espoir à tous leurs semblables : celui de devenir maître de son destin afin de redonner un sens à son avenir… Les jeunes : Marieke Ambroise, Soufiane Asraoui, Fayed Ben Ali, Sarah Bonnet, Jean-Clément Boussaert, Sara Farsi… aux personnalités et parcours différents, ont touché, à l’unanimité, les spectateurs. Ils nous ont dévoilé leurs parcours, échecs et pour certains leurs causes (problèmes sociaux, familiaux, financiers…), mais aussi leurs rêves et ambitions !

jeune 3 (Copier)Christian Zerbib,  aime réaliser des documentaires sur des faits de société, il explique le choix du film : « Quand j’ai appris le nombre d’enfants déscolarisés par année, j’ai été choqué ! J’ai voulu rencontrer ces jeunes. Ils m’ont interpellé par leur maturité et leur envie. J’ai rencontré tout d’abord les jeunes de Bourgogne (à la mission locale et école de deuxième chance), ils étaient pétillants ! J’ai su que je devais faire ce film ». Dijon est sa ville de cœur, ce pourquoi le réalisateur a choisi de tourner en Bourgogne. Il a choisi également la région Midi-Pyrénées au hasard « Je pense que 2 régions sont assez pour illustrer le problème, voilà pourquoi ces deux lieux en particulier » confie-t-il.

Caméra en main, ils ont réalisé, chacun leur tour, une partie du film… Christian Zerbib, leur a inculqué quelques notions pour filmer, pour monter… ce qui a permis d’en éclairer certains sur leur futur professionnel ! Quelques-uns rêvent aujourd’hui de devenir producteurs, cameraman ou acteurs !

150 000 jeunes déscolarisés par an !

Et pour l’occasion, les officiels étaient présents : Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône ; François Marie Perrin, directeur académique de l’éducation nationale ; Fabien Sudry, préfet de Saône et Loire. Avant d’ouvrir le débat, entre le réalisateur, quelques acteurs présents et les spectateurs, chacun a apporté son avis sur le film, amenant naturellement aux problèmes de l’éducation nationale actuelle. Isabelle Dechaume, 1re adjointe au maire de Chalon ; Benoît Dessaut, adjoint en charge de la culture et du patrimoine de la ville de Chalon et Bernadette Vellard, adjointe à la jeunesse et aux maisons de quartiers, étaient présents parmi les spectateurs. Tous se sont réunis, pour applaudir, ce touchant documentaire, reflet de la réalité de nombreux jeunes.

Gilles Platret, maire de Chalon témoigne : « Le film se passe de commentaires… Je suis touché par la sincérité des témoignages. Belle œuvre humaine et beaucoup de maturité ! C’est un film qui pose des questions sur l’école, notamment le faite de traiter la différence. Nous, représentants de l’État, nous avons un rôle à jouer pour accompagner cette démarche. Nous devons l’égalité aux jeunes. Ils ont de vrais talents, qui ont percé à l’écran ce soir ! ».

« Belle œuvre humaine », Gilles Platret

François Marie Perrin, directeur académique de l’éducation nationale,jeune 2 (Copier) ajoute : « Je n’ai pas le rôle le plus simple ce soir ! Il faut admettre que notre institution n’est pas faite pour traiter les singularités. L’école n’a pas été créée pour permettre à chacun de se révéler, mais mettre en œuvre un projet de l’État pour effacer les différences. Ce film nous montre une voie fructueuse, exploitée quelquefois… par les classes de deuxième chance, par les SEGPA… Ce sont des élèves avec des besoins particuliers, qu’il faut entendre. Une belle leçon pour l’éducation nationale ».

Mr le préfet de Saône-et-Loire conclut les discours : « Un film très fort ! La parole donnée aux jeunes vaut tous les discours du monde ! ».

Un débat qui agace certains !

Le débat a été mené par Virginie, coordonnatrice générale du film, « nounou des jeunes » dit-elle, ironiquement et Anne Marie Ouillon, présidente de la Ligue de l’Enseignement 71. Un débat, plutôt animé… Boris, acteur, le décrit : « Un débat qui part en cacahuète, mais au moins il aura fait parler ! », car les questions se sont parfois éloignées de la réalisation du film, se tournant sur des points politiques !

Les jeunes acteurs ont répondu à toutes les questions et à celles tant attendues « Que faite vous maintenant ? »Boris s’est découvert une passion pour le métier d’acteur, il prend actuellement des cours. Céline est en formation de comptabilité et recherche un employeur pour une formation en alternance…mais Virginie n’oublie pas d’ajouter que certains sont toujours dans des situations difficiles. « Le film n’a pas permis de résoudre des problèmes, mais de les faire connaître »dit-elle.

Tous gardent un bon souvenir du tournage, des rencontres… de l’attention qu’on leur a porté. Leur meilleur moment : la vie ensemble ; leur pire moment : le montage (savoir quoi sélectionner) et la séparation du groupe… Tous ont évolué, et pris un peu plus confiance en eux, et ont acquis, pour la plupart : l’envie de vivre !

Pôle MDLS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire) à Chalon !

Ce pôle est présent au lycée Hilaire de Chardonnet et accueille les jeunes du bassin Louhannais et Chalonnais. Depuis septembre, 130 jeunes ont pu évoluer grâce aux 3 coordonnateurs présents.

Des cours traditionnels leur sont proposés, en plus d’intervenants, leur permettant de s’ouvrir à la culture (théâtre avec les partenariats avec l’Espace des Arts et l’Opéra Comique de Paris, les arts plastiques, la musique. ). Un cours intitulé « FSL », Français Langue Secondaire, est donné aux jeunes, issus de pays étrangers, ayant des difficultés avec la langue française. Les cours sont donnés par groupe  de moins de 10 élèves, et selon différents niveaux, pour plus d’attention et d’efficacité.

Anne-Laure, coordonnatrice, confie : « Ils s’intègrent très vite, ce sont des jeunes très reconnaissants ! Certains sont déscolarisés, d’autres veulent se réorienter… J’aime ce travail, car il est varié, on met tout en place pour qu’ils puissent rebondir. On est très proches d’eux. On apprend à les connaître dans toutes les dimensions : parcours scolaire, famille, divers problèmes… C’est super de les voir évoluer, en 1 an, on voit vraiment qu’il se passe quelque chose, ils changent énormément ».

Éric Zaourou, intervant musique, détache les jeunes des cours, pour les faire évoluer par la musique…en leur proposant des thèmes différents : amour, avenir… les élèves doivent composer des paroles de chansons, qu’Éric joue et chante en fin de cours. Il déclare : « Ils ont besoin avant tout d’un adulte référent, qui les écoute et les comprend ».

Florimond, élève, confie : « Je remercie la MLDS de m’avoir mis sur le bon chemin, de m’avoir soutenu et fait évolué ! ».