Papier couleur

Capitale et plus grande ville de la République Tchèque, Prague fait aujourd’hui partie des « nouvelles destinations » que les touristes, européens essentiellement, ne se privent pas de fréquenter surtout depuis l’entrée du pays dans l’union européenne en mai 2004. L’architecture de la ville est très impressionnante et participe pour beaucoup au charme légendaire de Prague. D’interminables avenues sabrent les quartiers de part et d’autre, d’amples boulevards s’étendent en travers de l’agglomération, et des bâtiments sombres et délabrés succèdent à de somptueuses constructions. Ayant échappé aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, la ville conserve toute sa perle architecturale, qui mêle avec adresse les styles baroque, roman, gothique et contemporain. En témoignent le célèbre pont Saint-Charles ou encore le théâtre Narodni Divadlo.

Les empreintes du communisme sont encore très palpables, des bustes de Lénine ornent les parcs publics, d’impressionnantes sculptures représentant des chevaliers en armes au regard sévère se tiennent au sommet des grands bâtiments, sans parler de la multitude d’emblèmes soviétiques exhibant le marteau et la faucille au cœur d’une étoile rouge sang. Le passé politique de la République tchèque est cependant pris avec une certaine dérision par le musée du communisme qui, comme l’indique le prospectus, se situe « à l’étage, juste au-dessus du mac do et du casino… ». Celui-ci n’a pas vraiment d’intérêt, peu de sculptures et d’équipement sont authentiques, la plupart sont des maquettes. Une boutique à l’entrée vend divers produits dérivés qui raillent copieusement le système soviétique, une manière relativement libérale de recycler le passé, un comble diront certains. En effet, l’hégémonie capitaliste a bien pris ses marques dans la ville, on ne compte plus les fast foods ni les enseignes de soda qui font contraste avec l’urbanisme de Prague.

Le centre ville historique est assez petit, environ la taille d’un arrondissement de Paris, et il devient presque un défi d’y rencontrer d’authentiques Tchèques tellement il fourmille de touristes. Cependant en s’éloignant un peu dans les petites ruelles mal éclairées, il est assez facile de dénicher une excellente exposition de peinture ou de photo. L’activité culturelle pragoise est très dynamique, elle retient dans son patrimoine des figures emblématiques telles que le peintre expressionniste Alfons Mucha ou l’auteur Franz Kafka.

Le peuple tchèque peut paraître froid de prime abord, ce qui est une caractéristique assez commune aux peuples de l’Est, mais une fois le contact établi, on s’aperçoit que ce sont des gens altruistes et modestes. Nombre d’entre eux parlent d’ailleurs un très bon français. Prague souffre encore des douloureuses cicatrices du régime soviétique, elle est à la fois mélancolique et élégante, elle n’oublie ni la révolution de velours, ni le printemps de 1968. On s’imagine sans difficulté les armées du Pacte de Varsovie s’engouffrer dans ses larges avenues pour y perpétrer crimes et répressions. En ses murs se sont croisés et demeurent les témoignages de brillantes cultures, lui prodiguant son caractère ancien et poétique. Le peuple tchèque, comme la plupart des peuples de l’Est a souffert, et une certaine émotion est latente dans les rues de Prague, ce qui fait de cette capitale une destination bouleversante.