Ouzoud sort de l’ombre

Abritant de magnifiques cascades attirant de plus en plus de touristes, le village berbère d’Ouzoud connaît une évolution considérable. Des commerces se sont installés petit à petit, rendant plus attrayante cette modeste bourgade.

Le village berbère d’Ouzoud s’est développé au fur et à mesure que les touristes ont afflué vers ses magnifiques cascades.
Le village berbère d’Ouzoud s’est développé au fur et à mesure que les touristes ont afflué vers ses magnifiques cascades.

Le village berbère d’Ouzoud s’est développé au fur et à mesure que les touristes ont afflué vers ses magnifiques cascades. Mohamad, 55 ans, fait partie de ces gens qui ont tenté de suivre cette dynamique. « Avant je vivais de l’agriculture, en pleine montagne », explique-t-il. Trente-deux ans d’agriculture qui ont pris fin pour une raison très simple : « Il n’y a plus d’eau, je n’avais plus assez pour vivre. Alors, je suis venu ici et, doucement, j’ai construit ce café », soupire ce quinquagénaire, installé sur une des chaises en plastique de l’établissement, ressemblant plus à une hutte qu’à un café.

« Ce qui me plaît le plus ici, c'est le calme, la tranquillité »« C’est au mois d’août que je gagne le plus », commente ce patron tranquille, conscient de l’impact du tourisme. « Beaucoup d’Allemands et de Français ont acheté des terrains, ici », ajoute-t-il. Mohamad profite donc de leur venue.
Mais même s’il aime cette toute nouvelle attractivité, ce père de dix enfants, logeant chez lui « des chèvres, des moutons, et même un singe », tient à sa sérénité. « Ce qui me plaît le plus ici, c’est le calme, la tranquillité », confie Mohamad. Plutôt flegmatique, il semble content de son sort. « Vous savez, il est difficile pour quelqu’un de quitter la montagne, s’excuse-t-il. Je n’ai jamais eu envie de partir. » Mohamad se contente de ce qu’il a, de son petit café qu’il loue « 2 500 dirhams par an », soit environ 250 euros. « J’espère construire mon propre café, faire un beau restaurant », déclare-t-il, contraint pour l’instant de garder un établissement plutôt rudimentaire.

Au village,un coiffeur mais aussi un épicier qui vend aux touristes, comme aux Marocains, un peu de tout.En sortant du café de Mohamad, on peut tomber sur une affiche désignant « le coiffeur », à quelques mètres de là. Un épicier est également posté au cœur du village, vendant aux touristes, comme aux Marocains, un peu de tout.

Les touristes souhaitant découvrir à Ouzoud un village berbère traditionnel seront peut-être déçus. Car Ouzoud se développe, à son rythme, et prend de plus en plus des allures de village touristique.