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Nouvel an à Amsterdam

Au coin d’une rue ou le long des canaux, il n’est pas surprenant de trouver un coffee shop enfumé, un café brun douillet ou une sculpture insolite. Amsterdam mêle à merveille le moderne et l’ancien. Au fil de l’eau, le charme de l’architecture envoûte. Mais à l’approche de la nouvelle année, les nombreux musées et les œuvres d’arts se mêlent à la décadence la plus totale dans une atmosphère presque oppressante.

La gezelligheid 

Amsterdam attire par son côté gezellig en néerlandais que l’on peut traduire par convivial, douillet. Effectivement, la capitale des Pays Bas regorge de cafés charmants et chaleureux qui transportent hors du temps. Ses innombrables canaux font de la ville un véritable labyrinthe. Amsterdam est par excellence, l’endroit pour flâner, pour WP_20141230_019se perdre dans le jeu de ses ruelles parfois excentriques à la découverte d’un endroit inattendu, à l’abri des regards. Ses nombreux musées renforcent sa richesse culturelle. L’incontournable musée Van Gogh regroupe la plus importante collection au monde des toiles du célèbre peintre. Sa popularité va de paire avec l’incroyable file d’attente que l’on rencontre à son abord. Il est impossible de passer à côté des milliers de vélos qui circulent tous les jours dans le dédale des rues, c’est un véritable moyen de transport pour les Amstellodamois. Mais lorsque l’on parcourt la ville, une autre facette d’Amsterdam se dessine sous les yeux des passants. La légendaire tolérance d’Amsterdam est visible presque à tous les coins de rues. Le gouvernement fait preuve d’une véritable ouverture d’esprit en matière de drogues et de prostitution. Mais contrairement à ce que l’on peut entendre le cannabis n’est pas WP_20141230_056légale. Les drogues douces qui regroupent la marijuana, le hashchish, les spaces cakes et les truffes hallucinogènes sont tolérées dans la limite de 5 grammes par personnes. Les coffee shops, cafés où l’on peut fumer librement et acheter du cannabis exercent donc une activité illégale mais largement tolérée. Il est évident que ce commerce rapporte énormément d’argent. Légalisée depuis 1810, la prostitution connaît peu à peu des restrictions. Le fameux quartier rouge, regorge de devantures pour les prostituées tamisées de lumière rouge, flatteuse pour le corps des femmes. Mais de nouvelles lois, pour stopper le crime organisé, ont fait fermer de nombreuses vitrines. A Amsterdam, cafés douillets et musées côtoient la décadence et l’anticonformisme le plus totale particulièrement à l’approche de la nouvelle année.

Une ville débridée 

A l’approche du nouvel an, Amsterdam se transforme sous les yeux de ses habitants en une capitale placé sous le signe de la décadence, parfois la plus extrême. Les rues principales regorgent d’un nombre incalculable de touristes de toutes nationalités. Flâner tranquillement en observant l’architecture devient alors impossible sauf si l’on s’éloigne impétueusement du vieux centre médiéval et des quartiers les plus populaires. Les cafés douillets se transforment parfois en lieu de rassemblement pour éviter le froid glacial du dehors. S’asseoir dans un coffee shop devient aussi une mission périlleuse, ils regorgent de touristes à toutes heures de la journée. Il n’est pas rare au détour d’une rue, de croiser une longue file d’attente devant un de ces cafés extrêmement prisés. A croire, que WP_20141230_027bon nombre d’étrangers se rendent dans cette ville aux multiples saveurs, juste afin de consommer et d’acheter les légendaires drogues douces d’Amsterdam. Les dealers de rues se multiplient particulièrement aux abords des points les plus touristiques, on vous proposera sans gêne des drogues comme de la cocaïne. Mais des panneaux d’affichages informent les visiteurs du danger qu’ils encourent s’ils achètent des drogues dans la rue. C’est d’ailleurs la première chose que l’on remarque lorsque l’on sort de Centraal Station. Le discours est franc et surprenant, il met en avant la qualité de ces drogues parfois coupées avec de l’héroïne et qui peut vous conduire jusqu’à la mort. Un touriste français m’a confié prudemment « Je trouve cela choquant. Je fume moi même de l’herbe depuis longtemps, mais toute cette liberté me met mal à l’aise. Le côté beaucoup trop touristique gâche le charme de la ville. J’y retournerai lors d’une période plus calme ». Il est vrai que se WP_20141230_042promener dans les rues durant cette période, devient limite quelque chose d’oppressant. C’est une véritable marée humaine que l’on voit déferler le long des artères principales et des ruelles les plus attractives. Dans le quartier rouge, les visiteurs se pressent autour des nombreux coffee shops, des bars, des devantures rouge et des musées originaux tandis que dans les petites ruelles plus en périphérie et ou autour des canaux sud, c’est le vide totale.

La Saint Sylvestre 

Le jour du nouvel an, le nombre de touristes augmente encore et les rues deviennent un véritable champ de bataille. Les pétards sifflent de tous les côtés, et atterrissent parfois sur le nez des passants. C’est une atmosphère électrique et une ville en pleine ébullition qui se prépare pour la Saint Sylvestre. La nuit s’abat doucement sur la ville et les feux d’artifices explosent d’un peu partout. Chaque place accueille des festivités et des milliers de personnes sont réunis pour se souhaiter la nouvelle année. L’ambiance est menaçante, électrique. Dans le dédale des rues  et des quartiers populaires, c’est un climat agressif et oppressant que renvoi les milliers de fêtards. Ainsi les bars, cafés, discothèques deviennent les lieux où se réfugier, et y trouver une table ou un bout de comptoir relève du miracle. Dans les rues, la police est omniprésente, les individus sont livrés à une totale liberté. WP_20141230_004Le ballet des ambulances est incessant, rien de choquant que de croiser quelqu’un ivre mort, sous héroïne, ou le visage couvert de sang au coin d’une rue. Un touriste lillois très sympathique nous a confié qu’il venait presque tous les ans fêter la nouvelle année à Amsterdam. Pour lui c’est une ville « fantastique ».  Mais il a expliqué que « le soir du nouvelle an, particulièrement après minuit mieux vaut trouver refuge dans un bar que de rester dans la rue surtout si vous n’êtes pas beaucoup ». Lorsque le jour commence à se lever, c’est une ville sinistrée que l’on découvre où des monticules de déchets et de pétards recouvrent les rues. En arrivant à Centraal Station, ce sont des centaines de personnes qui recouvrent le sol de la gare, appuyés contre un mur ou allongés les unes sur les autres dans l’attente des premiers trains.