Musée Yad Vashem : Immersion dans l’Holocauste

Le Yad Vashem, incroyable musée sur la Shoah, relate la Seconde Guerre mondiale, non sans réveiller chez les visiteurs des émotions bouleversantes.

« Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui jamais ne sera  effacé. » (Isaïe 56/5) Situé à Jérusalem sur la colline du souvenir, le Yad Vashem vise à atteindre le visiteur au plus profond de lui-même.

Objets, photos, vidéos, témoignages, tout est là pour plonger les visiteurs dans la réalité de ce qu’a été la guerre. Et personne n’est oublié : « Ça me touche de voir les gens du voyage en photo. Ma mère m’a beaucoup parlé de leur souffrance pendant la guerre. J’en ai des frissons », souffle Éliane, membre de la communauté des gens du voyage, en pèlerinage sur place.

Entourés de bruits de fond tels que ceux d’un train ou encore du « Heil Hitler » des nazis, les visiteurs découvrent une multitude d’objets ayant appartenu à la population juive, tels que des livres brûlés, des chaussures, des documents d’identité et des objets de culte. À côté des nombreux panneaux, racontant la progression de la guerre dans les moindres détails, sont visibles des vidéos de témoignages de nombreux Juifs et des extraits de films tels que le fameux « De Nuremberg à Nuremberg », le documentaire de Frédéric Rossif.

Mais le musée ne s’arrête pas là. À l’extérieur du musée principal, il est possible d’entrer dans une autre salle appelée « The Hall of Names ». Soudainement, dans une atmosphère calme et sans bruit, une voûte propose un grand nombre de témoignages de Juifs. Sur les murs de cette salle circulaire, sont rangés d’innombrables cahiers répertoriant le nom de chaque Juif mort lors de l’Holocauste. « Il y a tellement de choses dans ce musée, on ne peut pas tout voir. Ca met toujours mal à l’aise de voir toutes ces saloperies qui ont été faites », pense Éric, travailleur à la SNCF, venu en Palestine avec sa fiancée.

À l’extérieur du musée se trouve aussi la salle de mémoire où la flamme allumée représente l’esprit des Juifs morts dans les camps de concentration dont les noms sont inscrits au sol. La dernière étape avant la sortie est le mémorial des enfants. Dans une salle où la seule lumière est une bougie reflétée par de nombreux miroirs, on peut entendre le nom, l’âge et le camp de concentration de chaque enfant victime de la Shoah. Pierre, Creusotin engagé dans la vie associative, dit avec émotion : « Ça serre la gorge, c’est très bien fait. Il y a beaucoup d’émotions et pas beaucoup de mots pour le dire. Je pense que le meilleur hommage qu’Israël peut rendre c’est que plus aucun peuple ne soit humilié comme il l’a été. Allusion à l’oppression des Palestiniens… »