« Moi, j’allume des feux d’artifice… »

Il a enflammé des spectacles aux quatre coins de la planète. Du Mondial de football 2002 en Corée du Sud au feu d’artifice du millénaire à Paris, en passant par les Jeux panasiatiques de Shanghaï en 1993 qui le feront rentrer dans le Guinness des records pour un feu d’artifice de 1,6 kilomètre de long.

Il a enflammé des spectacles aux quatre coins de la planète. Du Mondial de football 2002 en Corée du Sud au feu d’artifice du millénaire à Paris, en passant par les Jeux panasiatiques de Shanghaï en 1993 qui le feront rentrer dans le Guinness des records pour un feu d’artifice de 1,6 kilomètre de long. Celui qui définit la pyrotechnie comme l’un des Beaux-arts, surnommé le vendeur de rêves, a cette année illuminé la cité interdite de Hué. Trois questions à Pierre-Alain Hubert, artiste pyrotechnicien responsable de la mise en lumière des dîners impériaux du festival.

Comment avez-vous travaillé pour mettre en scène ces dîners impériaux ?

Quand Claude Mathis (ndlr: le programmateur français du festival) m’a contacté, il m’a simplement demandé un spectacle de pyrotechnie. Après, j’avais carte blanche. Ce que j’ai cherché à faire c’est un feu d’artifice qui n’en soit pas un. J’avais plus envie d’un travail humble et joyeux avec beaucoup de feux de sol et d’effets de fumée pour rester dans l’esprit des festivités impériales. Ce qui est beau dans un spectacle, c’est de ne pas jouer mais de vivre l’instant. Moi, j’allume des feux d’artifice. Tout simplement. C’est un travail qui doit rester beau mais cela ne signifie pas s’encombrer de fioritures. Il s’agit plutôt de réaliser chaque opération impeccablement.

Cette mise en scène est avant tout le résultat de diverses collaborations, comment se sont-elles déroulées ?

La première collaboration s’est faite sur les feux d’artifice eux-mêmes. J’ai voulu qu’ils soient fabriqués au Vietnam, aussi j’ai fourni des formules précises à une usine locale. C’était la première fois qu’un tel produit était réalisé sur place ! Concernant la mise en scène, j’ai ensuite travaillé de concert avec Minh Hanh, qui bien sûr a dirigé la confection des costumes. Elle m’en a d’ailleurs fait un aussi ! Nous avons défini ensemble la façon dont les serveurs entrent et sortent et nous avons essayé de rendre spectaculaires la présentation de chaque plat. Comme par exemple avec les mandarins merveilleux qui surgissent sur leurs échasses pour allumer les plus hauts feux d’artifice. Ces mandarins ont été interprétés par des acteurs du cirque de Hanoi et nous avons aussi reçu l’aide de huit étudiants des Beaux-arts de Hué pour jouer les figurants.

Vous avez déjà beaucoup travaillé en Asie, le Vietnam représente-t-il une expérience particulière dans votre parcours ?

J’aime énormément l’Asie, j’ai eu plusieurs contrats au Japon, en Chine et en Corée. Par contre, c’est la première fois que je viens au Vietnam et je dois dire que c’est l’une des expériences professionnelles les plus difficiles que j’ai connues. Ici, tout se complique très vite, notamment au niveau administratif, aussi nous avons subi de nombreux retards à cause de la bureaucratie. Mais une fois sur place, les gens se sont montrés très gentils et accueillants. De toute façon, je fonctionne comme ça : quand j’arrive dans un pays, je me plains beaucoup et puis, au bout de quinze jours, je me demande quand est-ce que j’y retournerai !

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