Loin loiiinnnn…de la philo

Le thème annoncé de cette conférence était l’état des lieux de la place de la philosophie en terminale. La réalité en a été toute autre.

Conférence

Les professeurs intervenants ont été très vite interpellés sur les programmes officiels de cette matière, qu’un jeune homme a estimés pleins de  » trous « . En effet, le thème de la violence n’est plus abordé depuis un bon nombre d’années alors que cela paraît être le sujet de prédilection des jeunes, ou tout du moins celui par lequel ils se sentent les plus concernés et les plus aptes à donner leurs opinions. Ceci devrait cependant changer l’année prochaine avec un certain nombre de modifications.
La discussion a vite pris une toute autre tournure en abordant le rôle des professeurs auprès des élèves. Une mère de famille a demandé de clarifier le statut du professeur de philo : est-il seulement celui qui évoque les théories des auteurs célèbres et les interprète pour les enseigner, ou est-il lui-même philosophe ? Un intervenant, lui-même professeur, s’est empressé de rétorquer qu’il ne fallait pas que l’enseignant se considère comme un philosophe mais comme un  » représentant de l’esprit philosophique « . L’enseignement de la philosophie, bien souvent, effraie les élèves . Il a été constaté que le professeur a souvent du mal à se mettre à la portée des élèves :  » l’écart entre la complexité de la matière enseignée et le niveau de réflexion des élèves ne permet pas l’enseignement de cette matière sans difficulté « . Force est de constater que, dans les classes, il y a un phénomène de répulsion envers cette matière : cette mauvais image est d’ailleurs majoritairement véhiculée par le professeur lui-même. On le dit souvent  » spécial  » et  » inabordable « . Cette image de la philosophie et de son enseignement  » doit changer « , selon Nicole Grataloup, professeur de philosophie au lycée Jean-Jaurès de Montreuil. Le problème, selon eux, réside dans le fait que  » les élèves n’ont pas les pré-requis  » et qu’il faut, pour y remédier  » combler l’écart entre les exigences intellectuelles demandées par la discipline et le profil des élèves « .
La conférence s’est conclue sur une question beaucoup plus générale : quelle est la place de l’enseignement de la philosophie en Europe et partout dans le monde ? On constatera ainsi que la France est LE pays où l’on enseigne le plus la philosophie, avec jusqu’à huit heures d’enseignement dans les séries littéraires. L’Angleterre et les Etats-Unis n’incluent pas du tout de philosophie à leur programme dans le cycle secondaire et elle ne peut être demandée que dans des spécialisations littéraires compliquées dans les programmes universitaires. Cette matière est d’ailleurs, bien souvent, réservée à une élite. Le système français, même s’il privilégie grandement cette matière, a des faiblesses : il se caractérise essentiellement par un programme qui ressemble à un catalogue de notions et d’auteurs qui n’aident l’élève ni à apprendre à bien penser, ni à réfléchir dans une optique philosophique. Ce débat a soulevé des problèmes, certes, mais sans proposer de véritables solutions.