Loin des Dieux, une philosophie

« Chaque homme est sa propre prison, mais chaque homme peut aussi acquérir le pouvoir de s’en évader. » BouddhaBouddha n’est pas un Dieu, mais un guide, dont la vie symbolise l’accomplissement. Aux fidèles de s’en inspirer…

Le prince Siddhârta est né vers 600 avant Jésus-Christ, à seulement 30 kilomètres de l’Inde, dans le village « Lumbini ». Quelques jours après sa naissance, une prophétie voguait déjà dans son ombre. En effet, un sage révéla à ses parents qu’il serait un grand saint. Toutefois, ses derniers lui préférèrent le destin de roi, son père étant déjà le souverain du royaume de Kosala. Alors, pour empêcher la prophétie, ils décidèrent d’élever leur fils hors de toute civilisation. Celui qui n’était pas encore Bouddha passa donc son enfance dans un immense palais, totalement coupé du monde et de sa réalité. Ayant grandi, il épousa la princesse Yashodora, dont il eut un fils, Rahul.
Et puis, un beau jour, il décida de sortir de sa prison dorée. Uniquement accompagné par son conducteur de chevaux, il découvrit la vie, la vraie. La première personne qu’il rencontra, ce fut un vieillard. N’ayant jamais rien vu de la sorte, il demanda à son conducteur ce qu’il lui arrivait. « Il est vieux, c’est tout » dit celui-ci. Le prince voulut alors savoir si ce phénomène était propre à cet individu.  « Non, à tout le monde. » Fit le chauffeur.
« Même à moi ? » Insista Siddhârta.
« Oui, même à toi. »
Ensuite, ils rencontrèrent un malade, puis une procession venue brûler un mort. De nouveau, le prince posa les mêmes questions ; identiques furent les réponses. Ainsi, rien ne pourrait le protéger de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Ce choc fut si soudain, si brutal, que Siddhârta perdit tout espoir, jusqu’au goût de vivre. Une soif nouvelle lui était venue ; la soif d’une autre vie.
Peu de temps après, il s’échappa de sa citadelle, abandonnant femme et fils. Pour lui, une seconde existence commençait. Sur son chemin, il rencontra des moines. Ceux-ci menaient une vie d’ascète, dure et exigeante. Le prince dut rester au soleil sans boire ni manger. Ce jeûne fut d’ailleurs si sévère qu’il faillit mourir d’inanition. Pourtant, le prince finit par rejeter cette austérité, pour aller au-delà. Il poursuivit son parcours initiatique en empruntant la « voie du milieu ».
À Gayâ, lieu sacré, il comprit que la cause de la misère de l’homme, c’est le désir. Il fallait donc l’abolir. Par cette prise de conscience, le prince devint éclairé, éveillé. Bouddha venait de surgir de la lumière. Une fois cette étape franchie, il rebroussa chemin pour retourner chez les moines. Seulement, tout fut différent, car les moines, désormais, le considéraient comme un sage, comme un saint. C’est à Sarnath, près de Bénarès, qu’il offrit sa première lecture, et donc son premier serment, qui fait encore partie des textes fondateurs du bouddhisme.
Suite à cet avènement, il attira de plus en plus de disciples, même des rois. Pendant quarante ans, il enseigna ses préceptes. Mais, bien entendu, certains ennemis firent tout pour le faire échouer dans sa quête. Mara, notamment, tenta de le perdre. Un jour, il le tenta alors que Bouddha était en méditation. Pour ce faire, il l’imprégna de doute et de peur. « Pourquoi penses-tu être capable de devenir éclairé ? » lui soufflait-il. Sans rien dire, Bouddha toucha la terre du doigt. Et toute la terre bougea. Alors, Mara partit.
C’est vers l’âge de 80 ans que Bouddha, malade, mourut. Par sa mort, il atteignit la délivrance suprême : le nirvana. Et tels furent ses derniers mots : « Ne cessez pas de lutter. »