Les missiles nord-coréens vus du Japon

Le dictateur Kim Jong-Un

Il n’est pas un jour sans que la Corée du Nord ne fasse les gros titres de la presse japonaise. En début de semaine, l’installation autour de la capitale japonaise de destroyers équipés de moyens d’interception de missiles alimentait les débats. Vendredi, Pyongyang menaçait directement Tokyo de « représailles nucléaires ». Le Japon, la Chine, la Corée du Sud et les États-Unis, qui possèdent plusieurs bases militaires dans la région, se sont publiquement inquiétés des provocations provenant de Kim Jong-Un.

Tout porterait à croire que chacun craint les missiles nord-coréens. « Je n’ai pas peur du tout ! », lance tout de go Rikusuke, étudiant en sciences politiques. « En fait, ça ne m’intéresse pas. Je n’en parle jamais avec mes amis. »  Et aux autres étudiants nippons autour de lui d’acquiescer de la tête. « Shouganai ! On ne peut rien y faire ! », reprennent-ils tous en cœur. « Shouganai » est une expression couramment utilisée, qui met en valeur tout le fatalisme de l’interlocuteur, qui s’avoue vaincu d’une situation trop grande pour lui. « Tokyo ne peut rien faire face à Pyongyang. », poursuit Rikusuke, qui, en rigolant, joint les deux mains faisant semblant de prier : « S’il vous plaît, les États-Unis, résolvez le problème ! »

Il est vrai que le Japon a perdu de son influence diplomatique après la Seconde Guerre mondiale. Absent du conseil permanent de sécurité aux Nations unies, Tokyo ne dispose pas non plus d’une armée officielle. L’article 9 de la Constitution de 1947 évoque la « renonciation à la guerre et à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. » Tokyo possède une force d’autodéfense, qui a le droit de répondre en cas d’agression. Ainsi, la balle est dans le camp de Kim Jong-Un. Shinzo Abe, le premier ministre, ne peut que s’asseoir et attendre, comme 130 millions d’autres Japonais.

Photo : Le dictateur Kim Jong-un, né, supposément, le 8 janvier 1983 est le troisième fils de Kim Jong-il et dirigeant actuel de la Corée du Nord depuis le 17 décembre 2011 à la mort de son père. (Photo tirée du site du New-York Times)