Les 39h de Nicolas Sarkozy en Inde

Lors de la visite de Nicolas Sarkozy les 25 et 26 janvier derniers, l’Inde et la France ont signé cinq accords de coopération bilatérale. Mais il faudra attendre des années avant de les voir se réaliser.

L’Inde et la France ont lancé les bases d’une coopération stratégique lors de la visite du président français Jacques Chirac en 1998. Ce partenariat concernera les relations politiques, économiques, la défense, l’aérospatial, l’énergie nucléaire civile, l’éducation et la recherche, avait-on annoncé. Mais le manque de volonté politique réciproque avait ralenti cet élan.

Le premier voyage en Inde de son successeur, Nicolas Sarkozy, a eu lieu pendant les célébrations de la fête nationale, symbole fort d’un attachement mutuel. Cinq accords de coopération ont été signés pendant cette visite éclair, notamment dans le nucléaire et la défense.

Des coopérations stratégiques bilatérales

Les deux pays pourraient développer une coopération industrielle et scientifique dans le secteur de l’énergie nucléaire civile. Les chefs d’Etat ont annoncé dans un communiqué commun qu’ils souhaitaient « donner un nouvel élan à leur coopérations pour le développement de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ».

Grosse déception dans le domaine de la défense en revanche pour le président français, car l’Inde a annulé sa commande d’Eurocopter. Mais selon le quotidien national Times of India du 26 janvier, l’Inde a passé commande pour moderniser 51 avions militaires Mirage 2000, et elle favorisera la France lorsqu’elle relancera un appel d’offre pour des hélicoptères militaires.

C’est une période importante pour l’armée indienne puisque l’Etat s’apprête à effectuer l’un des plus grands contrats militaires au monde. 20 milliards d’euros seront dépensés dans les cinq prochaines années pour doter l’armée de l’air indienne de 126 avions de combat multi-rôles. « Si le constructeur Dassault décide de présenter une offre, le gouvernement français l’appuiera », a déclaré Nicolas Sarkozy le 25 janvier dans une interview au quotidien Hindustan Times.« Notre relation ne se limitera plus à celle de vendeur-acheteur, a précisé  Manmohan Singh. Nous privilégierons progressivement les projets communs de recherche et développement, le transfère de technologie, et plus d’échanges militaires. »

Du point de vue économique, les échanges restent timides. La France est le huitième investisseur en Inde, et l’Inde n’est guère présent sur le marché français. Les deux chefs d’Etat se sont engagés à accroître les échanges commerciaux bilatéraux à 12 milliards d’euros d’ici à 2012.

Nicolas Sarkozy et Manmohan singh (photo MAE indien)« Paris est le meilleur ami de New Delhi»

« Ce partenariat de longue durée [40 ans] repose sur des valeurs communes et des stratégies semblables concernant les questions régionales et mondiales», a déclaré le chef d’Etat indien Manmohan Singh. De son côté, Nicolas Sarkozy voit l’Inde comme « une grande civilisation », « un pays démocratique » et « un miracle économique ». Il a séduit ses hôtes en annonçant : « Paris est le meilleur ami de New Delhi. C’est un partenariat stratégique et tout est possible ».

Le président français souhaite que l’Inde devienne membre du Conseil de sécurité des Nations unies : « Comment peut-on imaginer régler les problèmes du monde en organisant le G8, en nous réunissant à huit pendant deux jours et demi et invitant pour le déjeuner du troisième jour la Chine, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud et l’Inde ? » s’est-il exclamé.

L’Inde a promis d’ouvrir un centre culturel à Paris et la France devrait ouvrir les portes de ses universités à plus d’étudiants indiens.