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L’emploi et les jeunes : L’aide des missions locales

400 missions locales existent en France. En collaboration avec Pôle Emploi, elles œuvrent à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes (16-25 ans), en s’appuyant sur un large partenariat. Rencontre avec Françoise Bernard, directrice de la mission locale de Louhans et ses arrondissements.

394 jeunes sont inscrits à la mission locale de Louhans (donnée décembre 2013). Environ 10 salariés sont présents pour les recevoir. Un nombre en hausse de 23.8 % depuis décembre 2012 « Dû à une chute des missions d’intérim » explique la directrice.

750 viennent chaque année, dont la moitié, composée de nouvelles personnes. La plupart ont un CAP ou BEP en poche. Les autres, majoritairement, cherchent du travail dans la ville où ils ont étudié. « Ils existent mais ne viennent pas souvent chez nous »dit-elle.

Nous recevons tous types de jeunes. Ceux qui ont choisi un métier OLYMPUS DIGITAL CAMERAqui ne leur plaît pas, ceux qui ont des soucis financiers les empêchant d’avancer, ceux qui veulent s’orienter, ceux qui viennent d’arriver sur le secteur… La mission locale est là pour les écouter, les conseiller et les accompagner dans leur démarche. Des programmes de formations financés par Pôle Emploi ou le Conseil Régional leur sont proposés. Tout comme des aides financières pour se loger, passer le permis de conduire… « Chaque situation est unique. Les conseillers mènent une approche globale de la personne avec ses atouts, ses freins. Ils mettent en valeur les atouts et outillent les jeunes afin qu’ils soient plus à l’aise dans leur démarche : pour des entretiens d’embauche, pour réaliser un CV ou cibler des entreprises…» explique Françoise Bernard.

Elle ajoute : « Il ne faut pas oublier que la période 16-25 ans est difficile pour les jeunes. Beaucoup sont encore en crise et viennent avant tout solliciter un soutien, que personne d’autre ne peut leur donner ». Un psychologue intervient dans chaque mission locale pour aider les jeunes à rebondir, à comprendre pourquoi ils sont en situation d’échec, les encourager dans leur démarche… Françoise Bernard affirme que la voie professionnelle n’est pas une voie sans obstacles, qu’il est toujours possible de s’arrêter ou se tromper et de reprendre. Elle ajoute : « Il est important que les jeunes aient un adulte référent à qui parler. Face à des décisions difficiles à prendre, ils doutent. Nous sommes là pour les aider et les soutenir. Les conseillers veulent mettre à l’aise les jeunes et instaurer une relation de confiance ».

Des contrats favorisant l’emploi aux jeunes

OLYMPUS DIGITAL CAMERA« L’accès à l’emploi est difficile mais on parle souvent des jeunes et de l’emploi, il est plus préférable de parler d’économie et d’emploi.  On ne peut pas reporter la faute sur un jeune sans emploi, sans regarder l’économie. L’important est d’être mobile et qualifié, mais en face il doit y avoir du travail ! » confie Françoise Bernard.

2 types de contrats ont été développés par l’état : les CAE-CUI (emploi non marchand-marchand) et les emplois d’avenir (pour les jeunes peu ou pas diplômés/ dérogation possible pour ceux habitant en zone rurale excentrée). L’état finance une bonne partie du salaire à l’employeur… Ces contrats sont idéals.. L’idée est de permettre aux jeunes de mettre un pied dans le métier

Quelques conseils aux jeunes

Les conseils donnés par la directrice aux jeunes sont les suivants : « Il faut être conscient de ses compétences acquises. Il faut développer des aptitudes en fonction de cela, qui peuvent être en application dans d’autres secteurs. Les jeunes doivent s’entourer d’un réseau social. Les opportunités les plus importantes pour cette tranche d’âge sont les rencontres informelles : amis, famille… Sans oublier d’être motivé, disponible, ponctuel, flexible, présent. En notant bien que chaque emploi à des exigences particulières »déclare t-elle.

Il est important de saisir chaque expérience professionnelle que ce soit un remplacement, un CDD de 1 mois, de 2 mois… Les actions de bénévolat, si elles ont un lien avec l’activité professionnelle ou si elles prennent beaucoup de temps, peuvent valoriser l’individu. Les jeunes doivent montrer leur engagement.

Des secteurs recrutant

Les secteurs recrutant le plus dans sur le territoire louhannais sont : les industries agroalimentaires, les commerces de réparation d’autos-motos, les transports et la construction.  La plupart de ces entreprises ont une équipe permanente et font recours aux missions intérim.

Certains métiers évoluent et disparaissent, c’est le cas de nombreux métiers de bouche, dont celui de boucher qui tend à évoluer principalement dans l’industrie agroalimentaire.

En 2010, une analyse a été faite sur les missions locales de Bourgogne, 3000 jeunes ont été questionnés : 

61.4 % des jeunes se rendent dans les missions locales pour rechercher un emploi, 48.7 % pour discuter avec un conseiller, 43.9 % pour un projet de formation (hors apprentissage)

70 % des jeunes ont affirmé avoir pris confiance en eux et en leurs projets depuis leur venue à la mission locale

50 % recommandent la mission locale à leurs amis

58.7 % sont satisfaits de l’accompagnement fait tout au long des contrats d’apprentissages ou de professionnalisation

84 % des jeunes sont satisfaits de la façon dont la mission locale les accompagne tout au long de leur formation

71 % des jeunes pensent que le plus important est que le conseiller donne des conseils utiles, 70.1 % que le conseiller soit toujours le même, 62.5 % que tous les sujets peuvent être abordés

89 % des jeunes ont un conseiller unique et près de 88 % en sont satisfaits.

96 % des jeunes sont satisfaits de l’accueil.