Le vote, un verdict pour l’avenir

Voter encore une fois ? Je n’ai pas confiance, rien ne change, on ne peut rien faire… disait la plupart de la population avant les élections du 28 novembre 2004.

                                                                  
Devant une offre si diverse (12 candidats pour la course présidentielle), sous la pression de la campagne électorale, avec ses moments de pointe, mais aussi avec ses périodes calmes de « rien ne se passe », le simple citoyen sent qu’il ne peut rien faire. Le choix a été toujours difficile d’autant plus que cette fois-ci, il y a 12 candidats. Remarquons que M.I. Iliescu (le président actuel) n’a plus le droit de présenter sa candidature conformément à la constitution (3 mandats). Parmi les candidats on remarque : A.Nãstase, le premier ministre actuel, T. Bãsescu, le maire si controversé de Bucarest ou Vadim Tudor, celui qui, il y a 4 ans, est entré au deuxième tour avec Ion Iliescu. Mais remontons dans le temps, 15 ans auparavant. Pendant le régime qu’on a fait tomber en décembre 1989, on a eu des élections qui n’étaient pas libres et pas du tout démocratiques. On recevait  une liste sur laquelle on devait rayer ceux qui n’étaient pas désirés. Mais, surprise ! La liste appartenait au parti unique. Le vote était obligatoire.

          Quant aux résultats, les électeurs choisissaient ce qu’ils croyaient, mais à la fin ils obtenaient le même résultat : Ceauşescu et les siens. En décembre 1989, les citoyens de Timisoara sont morts pour le désir d’avoir des élections libres. Ils sont restés jour et nuit dans les rues, l’idéal de la démocratie dans leurs esprits et dans leurs âmes. Ils considéraient que le vote démocratique avait des pouvoirs magiques. Le droit d’élire, de choisir une idéologie ou  une autre, de décider qui représente la voix de la nation, est l’une des plus importantes réussites de la Révolution. Après une campagne électorale assez plate, la présence aux urnes a été assez réduite (la moitié de la population a exprimé son option).


          Le département de Timis enverra dans le Parlement quatre sénateurs et neuf députés, et probablement un député des minorités nationales. Le taux de représentation est un sénateur à 160.000 habitants et un député à 70.000 habitants. Pour les 13 mandats de parlementaires de Timis sont entrés en compétition 47 formations politiques qui ont déposé 306 candidatures pour la Chambre des Députés et 108 pour le Sénat. Au niveau du département, il y a 578.505 citoyens qui peuvent voter, dont 283 402 sont de Timisoara, pour lesquels on a aménagé 578 sections de vote au niveau départemental.

          Les résultats des élections peuvent être accessés sur la Page du Bureau Electoral.www.bec2004.ro qui contient les textes complets des lois qui définissent le scrutin actuel, la liste des membres du Bureau Electoral Central, des statistiques et des résultats, des informations en ce qui concerne les candidats. Le BEC est formé des magistrats, des représentants des formations parlementaires, des représentants de l’Autorité Electorale Permanente. Le président de BEC est Emil Gherguţ. C’est lui qui a déclenché un premier scandal électoral en faisant des affirmations défavorables à l’adresse de l’un des candidats : M. Traian Bãsescu. E. Gherguţ sera mis en discussion par le collège des magistrats, mécontents, eux aussi, de sa prestation, loin d’être… impartiale ou objective . Vu la Constitution, si aucun des candidats pour la présidence de la Roumanie ne reçoit 50% plus 1 des votes du nombre des électeurs inscrits sur les listes électorales, on organisera un nouveau tour de scrutin le 12 décembre. Et on l’a eu.

         Grande fête dimanche soir, le 5 décembre, au siège du PSD (Parti Social Démocrate dont le président est le Premier Ministre lui même, M.A. Năstase). L’ Union PSD est arrivée à dévancer l’Alliance PNL-PD (L’Alliance du Parti national libéral et du Parti démocratique dont le co-président est T. Băsescu) et son candidat à la présidence a obtenu le plus grand nombre de votes, entrant comme favori pour le deuxième tour prévu le 12 décembre.

          Et surprise ! Malgré les attentes d’Adrian Năstase d’occuper le fauteuil présidentiel, le nouveau président de la Roumanie pour 5 ans sera Traian Băsescu, qui a obtenu 51,8% des votes. Comme président, il formera le gouvernement de libéraux et de démocrates, avec l’aide parlementaire de l’UDMR (L’union démocratique des Hongrois de Roumanie  environ 7%). On a l’impression d’assister aux élections d’Ukraine : A.Năstase annonce sa victoire. T.Băsescu aussi. Le score s’arrête à 50% à 50%. Le lendemain T.Băsescu est devenu le nouveau président et l’opposition gagne malgré les soupçons de fraude électorale. T.Băsescu a un discours cohérent et optimiste pour les Roumains. L’administration publique, la justice et les institutions habilitées à appliquer la loi auront plus d’indépendance ; il s’impliquera dans la lutte contre la corruption.
La voie vers l’Europe est ouverte. Mais Traian Băsescu, réussira-t-il à faire ce qu’il s’est proposé,  vu que son parti n’a pas une majorité parlementaire ?