Le vice de Krishna : la gourmandise

Ce 16 août 2006, c’est l’anniversaire du dieu Krishna. Et, pour fêter cet événement comme il se doit, des pyramides humaines s’érigent dans toute l’Inde.

Petit, Krishna raffolait de yaourt. Alors, pour éviter qu’il ne se goinfre, on accrocha les yaourts hors de sa portée, c’est-à-dire en hauteur. Les pyramides humaines, dans cette optique, retracent cette anecdote. La fête, Gokulashtami, bien que religieuse, est organisée par des clubs sportifs. Ils créent les équipes, sponsorisent et financent les récompenses. C’est ainsi que Mumbai fête Krishna.
Au hasard des rues, des trophées, placés dans des jarres, sont brandis dans les airs, à plus de huit mètres au-dessus du sol. Les équipes, formées de 60 à 104 personnes, doivent les récupérer. Sur la terre ferme, ils sont très nombreux à former une masse compacte pour éviter les mauvaises chutes. Au-dessus, les paliers sont rigoureux : 6 personnes sont surmontées de 6 autres personnes, puis de 4, et encore de 4, de 2, et enfin d’un dernier. Ce dernier est toujours un petit garçon d’environ  6 ou 7 ans. Au milieu de la foule et au sommet de la pyramide, sa tâche est grande, et tous les spectateurs, pendant quelques instants, ne vivent qu’au rythme de ses vacillements. Si le garçon parvient à saisir le trophée, la victoire est complète. Mais avant, il devra tout de même casser la jarre avec la noix de coco qu’elle contient. À l’intérieur, il trouvera aussi des sucreries, des fruits, et bien entendu, du yaourt. En outre, l’équipe, comme gain, pourra partager 100.000 roupies (environ 1.850 euros).
On pourrait croire cette tradition dangereuse, mais le dieu Krishna, qui l’organise, fait fuir la mort. D’ailleurs, à Mumbai tout du moins, personne n’a jamais été tué en élevant sa pyramide. L’anniversaire de Krishna, c’est donc l’occasion pour tous de se réjouir, mais surtout de se transcender, toujours plus loin, toujours plus haut, vers le ciel.