Le service reprend au Taj Mahal Hôtel

Tandis que les terroristes tiraient des balles et incendiaient l’hôtel Taj Mahal Palace et Tower, les employés du palace ont continué à servir leurs clients. Traumatisés mais déterminés ces employés modèles sont de retour pour faire servir de nouveau leurs clients fidèles.

Aurez-de-chaussée. La salle endommagée par le feuLe 26 novembre dernier, à 22 h les restaurants, les salles de banquet des Taj Mahal Palace et Tower de Bombay étaient remplis de clients fortunés et de jet setters. On y fêtait un anniversaire, on accueillait le nouveau président d’une entreprise internationale, on s’y détendait ou tout simplement on y dînait… Ces hauts lieux du luxe et de l’hospitalité choient la clientèle avec de la gastronomie du monde entier. On peut y manger français, chinois, japonais… À cette heure-là, Sohrab Modi (nom changé) travaillait tranquillement à son poste. « Soudain, nous avons entendu deux tirs dans le couloir, rappelle cet employé dévoué du Taj. Nous croyions que c’était, peut-être, un affrontement entre deux gangs. Ensuite, des tirs et une grande explosion. C’est là que nous nous sommes rendu compte que la situation était grave. Nous avons rassemblé presque deux cents clients et les avons conduits à travers les couloirs de service vers le prestigieux Chambers Club au premier étage dans la nouvelle aile du Taj, le Taj Mahal Tower. Celui-ci a été construit dans les années soixante-dix. Il est mitoyen du célèbre Taj Mahal Palace, classé patrimoine mondial, érigé en 1903. Là, nous nous sommes occupés d’eux sans broncher en leur apportant de la nourriture, des boissons, en les réconfortant pour qu’ils ne s’affolent pas. » « La situation était chaotique, des cadavres se trouvaient dans la salle d’entrée, continue-t-il »

Des proches des clients coincés dans l’hôtel appelaient pour obtenir des nouvelles. Ne connaissant pas la gravité de la situation, un client demandait de l’aide pour sa famille : « La voiture et le chauffeur sont là dehors, en contrebas. Envoyez ma femme et mes enfants chez eux. » « Des grenades ont explosé toute la nuit. C’était des grenades contenant des clous. Les murs de l’hôtel tremblaient, raconte le jeune Modi. »

« Le 27 novembre, vers 5 h, pendant un répit, nous avons entamé une opération d’évacuation de nos clients. Nous avons conduit un premier groupe de trente clients dehors par l’entrée arrière. Nous avons couru jusqu’au cinéma Regal, à 250 mètres d’ici. Des voitures attendaient les clients pour les emmener à l’hôtel Taj Presidency, à deux kilomètres, dit le jeune employé en se souvenant de sa fuite. En revenant vers l’hôtel, les tirs ont éclaté de nouveau et l’entrée était

de nouveau fermée. Une demi-heure plus tard, je suis parti donner du sang, car un des employés a été blessé. »

L’esprit triomphe du terrorisme

La procedure de securiser l'hotel est en coursLe bilan final de 60 heures de terreur semblable à la guerre est de 31 Indiens et étrangers tués, dont 10 employés. On estime le dégât matériel à un milliard d’euros. Il faudra un an pour remettre ce patrimoine mondial en bon état.

« Cette violence sera toujours gravée dans ma mémoire. Un de mes amis de longue date est mort. Cela sera dur de l’oublier. L’avant-bras d’un autre a été touché par une balle. J’ai assisté à plusieurs funérailles. J’ai rendu visite à mes collègues blessés, poursuit M. Modi d’une voix triste. » « C’est dur pour mon mari. Des proches, des amis appellent et demandent des nouvelles », remarque Mme Modi. Mais « il est nécessaire de se cicatriser. La guérison vient de l’intérieur », confie le jeune employé du Taj.

« En dépit de la peur et d’un sentiment de précarité, on doit continuer. Mes collègues sont déjà de retour. Je viens, après un séjour apaisant dans mon village, de les rejoindre. C’est un honneur de travailler au Taj. On doit œuvrer pour que la clientèle revienne. Quelques habitués sont revenus. Ils sont solidaires avec nous. »

 

Le centre juif de Bombay subit l’attaque des terroristes

L’horreur de la gare victoria

La terreur s’empare des Mumbaikars

Le réveil douloureux des lendemains de terreur