Le Maroc en dix-sept dates…

Du XII siècle avant notre ère, avec l’arrivée des commerçants phéniciens sur les côtes méditerranéennes que le Maroc initie véritablement sa longue histoire jusqu’à l’avènement en 1999 du nouveau Roi, son altesse Mohamed VI après la mort de son père le Roi Hassan II.
XII siècle avant notre ère : Ce n’est qu’à partir de cette date, avec l’arrivée des commerçants phéniciens sur les côtes méditerranéennes que le Maroc initie véritablement sa longue histoire. Les comptoirs de Melilla, Tanger et Larache sont fondés sur les bordures de mer. L’intérieur des terres est, lui, occupé par des tribus berbères.

– 426 : La destruction de Carthage par l’Empire Romain sonne le glas du jeune royaume de Maurétanie, crée par des Amazighs du nord. Sous l’influence de Rome, le nord duMaroc connaît de grands progrès économiques, architecturaux et culturels. La ville de Volubilis en est le parfait exemple.

 705 : Les Arabes annexent le Maroc, malgré une farouche résistance des Berbères. Les populations sont massivement converties à l’Islam.

 1073 : Les Almoravides, une tribu de caravaniers nomades venue du Sahara, conquièrent tout le Maroc, alors aux mains des Idrissides. Cette dynastie fonde Marrakech trois années plus tôt et va étendre ces frontières jusqu’à l’Espagne.

 1147 : Abd Al-Moumin crée la dynastie des Almohades. C’est sous ce vaste empire que le Maroc connaîtra un apogée aussi bien architectural que culturel. Le célèbre sultan Yacoub Al-Mansour fait ériger de nombreux bâtiments ainsi que la ville de Rabat ; le philosophe espagnol Averroès établit ses quartiers à Marrakech, signe d’une civilisation brillante et raffinée.

1511 : Les Saadiens succèdent aux dynasties des Mérinides et des Wattassides et vont apporter une réaction armée face aux attaques des Espagnols et des Portugais sur les côtes. En 1578, la bataille des Trois Rois qui les oppose aux Lusitaniens sur les eaux de Ksar el-Kébir, au nord, sacre définitivement ce sultanat. Euphoriques, les Saadiens entameront une expansion jusqu’à Tombouctou. Les mines de sel et d’or conquises enrichissent le pays. Le souverain de l’époque, Ahmed Al-Mansour hérite même du sobriquet « le Doré ».

 1666 : La dynastie des Alaouites, se proclamant d’Ali, gendre du Prophète, prend le pouvoir, profitant des querelles intestines qui gangrènent les Saadiens. L’actuel roi du Maroc, Mohammed VI, descend de cette lignée. Les Alaouites, qui éliront Meknès comme capitale, instaurent le makhzen(« la boutique »), une politique centralisée qui durera jusqu’au protectorat.

1844 : Les richesses et l’immobilisme du Royaume vont attirer les convoitises de nombreux pays européens, avec, en leur tête, les Français qui ont battu les armées chérifiennes à la bataille d’Isly, au mois d’août de cette année. Plus au nord, les Espagnols s’emparent de Tétouan. Le colonialisme est en marche.

1912 : Le 30 mars, le Maroc abdique : le Traité de Fès inaugure l’ère du protectorat français et espagnol. Le nord, excepté Tanger qui devient zone internationale, et le Sahara occidental sont placés sous la tutelle ibère, tandis que la France hérite du reste du pays.

1912 – 1925 : Le maréchal Hubert Lyautey, le résident général, tente d’insuffler l’air de la modernité au Maroc, tout en respectant les valeurs ancestrales et la religion. Il dira même que « la France se doit être une grande puissance musulmane ». Le développement éclair de villes comme Casablanca, l’affirmation de Rabat comme capitale et la naissance d’infrastructures routières sont autant de choix politiques œuvrés vers le progrès, orchestrés par le maréchal lorrain, qui démissionnera en 1925.

1947 : La promulgation d’un dahir (loi) offrant aux Berbères un statut juridique particulier en détriment du droit coranique et l’affaiblissement de l’aura française suite à la guerre mondiale vont entraîner le sultan Mohammed Ben Youssef à une grève du sceau – il refuse de signer les dahirs – très populaire. Le patriotisme commence à se répandre.

1953 : Le sultan est exilé à Madagascar. Le peuple marocain se serre les coudes contre les colonisateurs : les produits français sont boycottés, les institutions étatiques sont la cible d’attentats réguliers. Cela sent la fin du protectorat, surtout que la déconfiture en Indochine et les troubles en Algérie ne prêtent guère la France à employer la force.

1956 : La France jette l’éponge : le sultan fait un retour triomphal et va déclarer, le 2 mars, l’indépendance du Maroc. Il devient roi sous le nom de Mohammed V. Cependant, les enclaves de Ceuta et Melilla, ainsi que le Sahara occidental reste espagnols.

1961 : Une banale opération chirurgicale tourne au drame : Mohammed V décède, à l’âge de 52 ans. Son fils, Hassan II, lui succède. Dès le début de son règne, le jeune souverain (32 ans) fait adopter une constitution, mal acceptée du mode politique, où le roi devient une personne « inviolable et sacrée ». Le début des « Années de plomb ». Cette période trouble se caractérisera par une violente répression des opposants politiques ainsi que par plusieurs tragiques bains de sang comme à Casablanca où, en 1981, une centaine d’émeutiers meurent sous les balles de l’armée, ou dans le Rif.

1975 : En novembre, Hassan II lance la Marche verte, attaque pacifique visant à mettre le Sahara occidental sous le giron marocain. Les armées espagnoles se retirent et les accords de Madrid lèguent cette immense région au Royaume. En février de l’année suivante, la République arabe sahraouie démocratique est proclamée par le Front Polisario, un parti indépendantiste. De grosses tensions naissent. Aujourd’hui encore, ce conflit perdure.

Portrait du Roi Mohamed VI sur les remparts de Meknès1999 : Le 23 juillet,à 70 ans, après un règne de 38 ans, Hassan II s’éteint. Son fils, Mohammed, hérite du trône. Un virage vers plus de libertés et de modernité est alors amorcé : très populaire, Mohammed VI débute son règne par la libération de 46 000 prisonniers, pour la plupart politiques. Le retour d’exil d’Abraham Serfaty, torturé pour ses actions contre l’absolutisme sous Hassan II, est aussi un autre grand symbole de ce changement d’ère.

2003 : Huit jours après la naissance de Moulay el Hassan, l’héritier au trône, les attentats de Casablanca, prémédités par un groupe terroriste islamiste, font plus de quarante-cinq morts.