Le jus de canne à sucre sur les trottoirs de Bombay

Dans la mégapole de Bombay, la boisson énergétique et naturelle se vend dans la rue pour seulement 5 roupies (10 centimes d’euros). Les Indiens la boivent pour garder la santé et lui prêtent des vertus médicinales.

Comme chaque jour, le quartier de la grande gare de Churchgate bourdonne d’activité. Au coin d’une rue, entre le va-et-vient des employés, des étudiants et des voitures, Anand Dev Pathak vend le breuvage sucré sur un petit étal. Ses trois employés s’occupent consciencieusement de l’échoppe en acier toute neuve.

Bijay Rajdhar et Manoj Rajdhar, 20 ans, travaillent ensemble à transformer les bouts de bois en boisson. L’un coupe les cannes à sucre en bâtons d’un mètre de long, l’autre les broie dans une presse électrique faite de deux cylindres. Le liquide, le vesou, s’écoule dans un récipient avant de remplir les verres sagement rangés sur un plateau. Bhikham Rajdhar, 36 ans, sert la boisson toute fraîche aux clients. « Un grand verre coûte cinq roupies (dix centimes). Je vends presque 2 000 verres par jour pendant l’été », estime le serveur. Au citron ou au gingembre, avec ou sans glace, certains clients ajoutent même du sel à leur breuvage pour atténuer le goût sucré.

Sanjay Singh, le gardien d’un immeuble voisin, se permet un verre chaque jour malgré son bas salaire de 4 000 roupies (60 euros) par mois. Il vante les vertus thérapeutiques du vesou en le dégustant. « Selon la médecine ayurvédique, c’est bon pour le traitement de la jaunisse [fréquente en Inde en raison de l’eau contaminée]. Le jus purifie le sang et c’est un laxatif naturel », reprend Bhikam. Hemlata Sakhle est venue avec son amie chercher cette boisson sucrée au citron et au gingembre. « J’avais un peu mal au cœur, dit-elle. Le jus m’a fait du bien et c’est naturel, pas comme le Coca. » Même si l’on croit à toutes ces vertus, le sucre de canne reste très calorique : à consommer avec modération.

 

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