Le Jaïn Pathshala : une école religieuse pour les jeunes jaïns

Chaque dimanche vers dix heures, des mélodies de Bollywood émanent du temple jaïn du quartier de Ville Parle, au nord de Mumbai. C’est l’heure des cours de religion au jaïn pathshala (école jaïn). Des élèves de six à seize ans fredonnent des hymnes religieux sur des musiques de tubes pour apprendre leur religion dans une ambiance détendue.Nonne JaïnLe jaïnisme est une religion indienne datant de la haute antiquité. Elle insiste sur les concepts d’ahimsa (non-violence, en sanskrit) et de karma et met l’accent sur l’ascétisme. Le code moral est fait de cinq concepts : refus de la violence, du mensonge, du vol, de l’impureté et de l’attachement aux biens terrestres. C’est une religion très rigoureuse d’un point de vue moral et philosophique.

L’enseignement religieux se fait dans les temples jaïns par le maharasab (savant jaïn). Il arrive qu’il soit remplacé par des bénévoles ou un professeur permanent. Néanmoins, l’apprentissage religieux a du mal à faire sa place dans une grande ville comme Mumbai où la réussite matérielle occupe une place grandissante. Donc, « pour motiver et attirer les enfants, le maharasab introduit des idées nouvelles, comme étudier les textes sur des musiques de Bollywood », explique Rekha Shah qui accompagne son fils Vaibhav de quinze ans. Le petit l’apprécie : « les leçons peuvent parfois être ennuyeuses, mais j’aime bien quand le maharasab nous apprend la religion en chanson»

Chaque dimanche pendant les vacances scolaires, les cours se déroulent pendant deux heures dans l’upasraya, un temple qui ressemble une grande salle. C’est dans cette pièce sans meuble ni électricité que le maharasab vit, livre son enseignement aux jeunes et rencontre des croyants. Tout le monde s’assied à même le sol, sur des petits tapis (tchataï en hindi).

Nonne JaïnLa vie du maharasab est conforme aux concepts du jaïnisme : il ne possède ni foyer, ni biens. Il est vêtu d’un tissu blanc en coton non pas cousu, mais drapé et attache ses longs cheveux. Il est végétarien au plus strict sens du terme et ne se nourrit pas pour le goût, mais pour rester en bonne santé. Il n’utilise aucun mode de transport et se rend d’un endroit à un autre pied nu.

Les habitants du quartier apprécient la présence du savant et ses cours aux petits. « C’est bon pour renforcer des pratiques religieuses et des traditions. Les jeunes aujourd’hui ont une vie scolaire très chargée, ils n’ont même pas le temps de jouer, commente Jayshree Rambhia dont la petite fille assiste au pathshala.C’est bien de combiner l’enseignement et le divertissement ».