Le comédien Gilles Cohen, à Chalon !

Crawl, la bobineJeudi 26 septembre, à 19 h 30, diffusion du film français Crawl, d’Hervé Lasgouttes au cinéma Axel de Chalon-sur-Saône. Une diffusion de l’association La Bobine suivi d’un débat avec le comédien Gilles Cohen, qui incarne le personnage de « Jean » dans le film. Le film a reçu le label du meilleur film européen au Festival de Venise 2012. Sorti le 30 janvier 2013, il a encore beaucoup de succès, 200 personnes étaient présentes.

En Bretagne, Gilles Cohen joue le personnage de Jean, un entrepreneur qui a du mal à gérer ses problèmes professionnels. Quand sa femme Corinne lui annonce l’arrivée d’un 3e enfant, inattendu à 40 ans, cela n’arrange pas les choses. Tout comme Martin (Swann Arlaud), le frère de Corinne (Anne Marivin) qui enchaîne les boulots sur petits boulots et rencontre Gwen (Nina Meurisse), pour qui il ressent une passion profonde. Mais quand Gwen tombe enceinte, Martin a dû mal à l’accepter… Un spectateur déclare : « Les problèmes que rencontrent les personnages principaux sont des problèmes de la vie. Il y a une force des structures familiales qui permettent de résister à tous les coups durs de la vie ».

Un film d’acteur remarquable, une histoire simple et touchante

Chantal Thevenot, présidente de l’association La Bobine tient à déclarer : « C’est très rare de recevoir des comédiens à La Bobine, souvent pris par leur emploi du temps laquo-crawl-raquo-film-made-in-breizh-1200433-616x380 (Copier)». Gilles Cohen est heureux d’avoir accepté le film et son personnage, il explique : « Je l’ai fait, car j’aime bien jouer des rôles d’époux, ça peut paraître idiot… C’est très intéressant d’explorer le quotidien qui cache des choses plus importantes. C’est aussi lié au fait que le texte me plaisait. Jean, c’est un type qui se cache derrière les problèmes matériels. Il aspire à une vie tranquille, à un certain confort ».

Plusieurs avis sont évoqués sur le lieu de tournage : « Je trouve que le fait d’être en Bretagne ça ajoute de la valeur au film. Je trouve qu’en voyant l’eau, ça renforce les choses fortes » ou « La mer est écrasante, dans ses mouvements de vagues, cela alourdi la situation des personnages ». Gilles Cohen ajoute : « La mer est profonde, froide, surprenante, mais pas la Bretagne ». En effet, la mer est importante dans le film, elle reflète cette solitude profonde évoquée, qui n’est en aucun cas, le reflet de la Bretagne et de ses habitants.

Gilles Cohen, réalisateur, comédien, metteur en scène, direction d’acteur : homme de cinéma, homme de théâtre

À la question d’un spectateur : « Qu’est-ce que cela change de travailler avec un réalisateur débutant, vous qui avez travaillé avec de grands réalisateurs ? », il répond : « Je ne me pose pas la question de débutant ou non. Il y a l’envie, l’enthousiasme, l’imagination… Un 1er film, c’est con à dire, mais c’est un vrai parcours du combattant. Hervé Lasgouttes a mis 4 à 5 ans pour le faire. C’est assez délirant. Je ne sais pas comment il a fait ».

À propos de la période de tournage, qui a duré 5 à 6 semaines, le comédien confie : « Avec les autres comédiens, on n’est pas obligé de s’entendre bien. Il faut faire son boulot. Je crois à la vertu du travail, mais c’est toujours plus sympa quand on s’entend bien ».

Gilles Cohen acquiesce une remarque d’un spectateur sur la force des femmes et la fragilité des hommes dans le film et confie : « C’est vrai dans la vie aussi. Ils ont moins de maturité et ne veulent pas de responsabilités ».

Le comédien reviendra, cette fois ci dans une pièce de théâtre, à l’espace des arts le 15 octobre prochain. Il jouera le rôle principal de la pièce « Hughie » d’Eugène O’Neill. « C’est une pièce qui a un thème commun avec le film. On parle de deuil, solitude, camaraderie, trahison… en 1928 à Manhattan ».

Pas de préférence évoqué de sa part pour le théâtre ou le cinéma, il donne son avis personnel : « Cela n’a rien à voir. Le travail du cinéma repose sur quelque chose d’instantané qu’on capte, c’est plus délicat. Le théâtre, c’est un travail de répétition, un peu plus dur ».

En attendant, Gilles Cohen, n’oubliera pas de confier sa joie de voir autant de spectateurs présents dans la salle : « C’est un film qui a été primé, avec de bonnes critiques, pas tellement vu, c’est sympa d’être venu et de faire vivre le film ».