Le chouchou des légumes réunionnais

À Salazie, chouchous partout. En gratin, en daube, en tarte – et même dans les chapeaux ! – l’île raffole de cette cucurbitacée, dont on mange les fruits, mais aussi les jeunes pousses et les racines ! 90 % de la production réunionnaise provient du cirque.

« Où il y a de l’eau, le chouchou pousse », lance Pascal Grondin, agriculteur depuis une vingtaine d’années à Salazie. Et comme le cirque est très arrosé, c’est le royaume du chouchou, légume le plus consommé à la Réunion, qui ressemble à une grosse poire verte bosselée. « Dans les bonnes périodes on récolte tous les 10 à 15 jours », expose Pascal Grondin. En moyenne un hectare à Salazie promet 40 à 50 tonnes par an. « Un hectare sur tonnelle », précise le cultivateur. Le chouchou accepte deux méthodes de culture. Cette plante expansive peut pousser à même le sol ou surélevée en grimpant sur un grillage horizontal. De cette manière le rendement augmente car « la récolte est plus facile et le chouchou moins sale », certifie Pascal Grondin. Cependant au sol ou en l’air, tous les chouchous n’arrivent pas à terme. « Sur mes plus de 5000 m² j’enregistre 80 % de pertes pendant la saison des mouches », regrette-t-il. Celles-ci pondent des larves à l’intérieur du légume et le font pourrir. « Comme il n’y a pas de produits homologués pour s’en défendre chacun se débrouille », remarque l’agriculteur. Sous les tonnelles de Pascal, gare aux bouteilles jaunes attrape-mouches !

Dans le chouchou, il ne suffit pas de planter la graine. « Après, c’est un travail de titan », scande Pascal Grondin.  D’abord, accélérer la croissance. Tous les deux mois, il faut « aérer les tonnelles » en retirant toutes les vieilles lianes pour laisser s’étendre les nouvelles. Puis surveiller la productivité de chaque plante. Au bout de deux voire trois ans, les anciens pieds sont remplacés par des nouveaux. « Mais on attend que la jeune plante ait recouvert la tonnelle pour enlever l’ancienne. Sinon les oiseaux arrachent l’ossature », observe le producteur.

De la fleur au chouchou : deux semaines. Puis la récolte. Les jeudis pour Pascal Grondin sont synonymes de cueillette, en prévision du marché à St-Denis. Aucune difficulté pour écouler son stock. Le chouchou cumule les avantages : riche en vitamine C, constitué à 90 % d’eau, et recommandé dans de nombreux régimes!