Le Capital : « continuons à prendre aux pauvres pour donner aux riches! »

Un film de Costa Gavras, sortie le 14 novembre 2012

Le dernier film de Costa Gavras, Le Capital, a été diffusé en avant-première à l’Axel ce mardi 6 novembre en présence de 160 personnes. Suivi d’un débat entre le PCF et l’UMP, il a été l’occasion de remettre sur le tapis la question de la finance et de la spéculation.

« Mes amis, je suis votre Robin des Bois moderne ». C’est sur ces mots que s’achève le dernier film de Costa Gavras, présenté en avant-première à l’Axel de Chalon ce mardi 6 novembre. Le Capital, un titre évocateur, un scénario centré autour du monde de la finance, de la spéculation, du système capitaliste, avec un premier rôle attribué à un Gad Elmaleh convaincant et surprenant, généralement habitué à des sujets plus légers. C’est avec un sérieux et une détermination sans concession que Gad Elmaleh, un jeune banquier va prendre la succession de la Présidence de Phoenix, une banque européenne de renom pour laquelle il est prêt à tout. Recherche du profit, licenciements, snobisme des politiques, satisfaction de la soif des actionnaires, le jeune Président n’a d’yeux que pour l’argent « le seul moyen de se faire respecter ». Suivi d’un débat entre le PCF et l’UMP auquel a assisté une 60aine de personnes, le film a permis de relancer la question (sans fin ?) d’un système qui dirige le monde à l’heure de la mondialisation et de la spéculation sur tout.

La salle de cinéma se remplit doucement. Lionel Chaffiol, directeur des cinémas de Chalon prévient au micro « nous sommes victimes de notre succès ce soir, je vous demande de bien vouloir patienter encore un peu ». 15 minutes de retard et pour cause, ce sont 160 personnes qui ont fait le déplacement pour venir assister à l’avant-première du Capital. Ils sont militants du PCF et de l’UMP ou encore de simples curieux à avoir répondu présent à cette soirée proposée par Mars Distribution et ses partenaires, cinémas art et essai qui ont souhaité présenter LE Capital au cours d’avant-première partout en France et de les faire suivre de débats.

Au centre : Monsieur J.L. Chemorin de l’association La Bobine

 

Ainsi, à la fin du film, un débat, animé par Monsieur J.L. Chemorin de l’association La Bobine a eu lieu entre la salle et Marie-Claude Jarrot (Élue UMP Conseil Régional de Bourgogne) et Jean-Michel De Almeida (Chargé de Communication au PCF animateur Front de Gauche) qui ont accepté de se prêter au jeu dans la bonne humeur. Et pour cause, les deux opposants politiques ont semblé s’accorder sur plusieurs points.

 

 

 

 

 

Jean-Michel De Almeida (Chargé de Communication au PCF animateur Front de Gauche)
Marie-Claude Jarrot (Élue UMP Conseil Régional de Bourgogne)

C’est Jean-Michel De Almeida qui a introduit ce débat, « regrettant » un aspect selon lui « manquant dans le film, les conditions qui ont permis d’en arriver à une telle situation, le boulevard laissé ouvert comme la libre circulation des capitaux, introduit dans le traité de Maastricht par exemple ». Marie-Claude Jarrot rebondit, « on constate que le politique est hors du jeu financier. Pourtant derrière tout ça, ce sont des hommes, des emplois et l’économie. Aucune fois dans le film on ne fait référence aux problèmes économiques, seule la rémunération du capital est évoquée, pas l’économie réelle ». Attentifs, les spectateurs ont pu prendre la parole pour poser leurs questions, avancer leurs arguments : « Je ne vois pas de solution tant qu’il n’y aura pas de vision mondiale de l’économie. Il faut abandonner ce cycle de libéralisme à la Thatcher » s’emporte un sympathisant communiste.

Des mécanismes financiers difficilement interprétables « à cause de la mondialisation » explique l’élue UMP, pour elle, « la solution se trouve en Europe puisque si les États de l’Union arrivent à se coordonner, il sera plus facile de redonner du sens dans ce capitalisme outrancier ».

Évoquant l’augmentation des salaires, Marie-Claude Jarrot, faisant de nombreuses fois référence à de Gaulle, s’est vue applaudir par des partisans communistes surpris « Je croyais que Madame était à l’UMP » a lancé Jean-Michel De Almeida » suscitant les rires de la salle, l’élue régionale rétorquant « je ne suis que fidèle à mes valeurs et à ma pensée », continuant ainsi sur le débat « ce qui me choque, c’est lorsque la spéculation s’invite dans les fonds publics. Quand il y a argent public, il y a contrôle public ». « Je suis d’accord avec notre camarade de l’UMP a répondu, non sans humour, Jean-Michel de Almeida.

Ainsi s’est conclu ce moment d’échanges entre citoyens, dans la bonne humeur. Si tous étaient d’accord sur le constat, celui d’un système à la recherche d’un profit permanent, de la spéculation sans limite, pour chacun les solutions divergent. En tout cas, comme l’a rappelé Jean-Michel De Almaida au début du débat : « la politique n’est pas une affaire de spécialiste, mais l’engagement de chacun est nécessaire ». Cette soirée à l’Axel a bel et bien été l’occasion de partager ses opinions, de prendre part au débat public autour d’un film remarquable, à voir pour se faire son avis. Sortie en salles prévue le 14 novembre prochain.