Le breton : légende ou réalité ?

Non ! La langue bretonne n’est pas morte, bien au contraire ! C’est ce que veut prouver ce petit stand haut en couleur, qui se propose de la faire découvrir aussi bien à travers sa forme écrite que sous sa forme orale. Un retour au source.

Identité bretonne

Livres en breton, CD-Rom en breton, et même émissions télévisées en breton ! Tout peut se trouver sur le stand de l’association  » Identité bretonne « . Mais attention ! Il ne faut pas confondre indépendantisme et promotion de la langue et de la culture ! C’est ce contre quoi Louis-Claude Paulic, représentant du stand, nous met en garde.  » Nous n’avons aucune connexion avec le monde politique « , insiste-t-il.
Créée en 1996, cette organisation vise plutôt l’amélioration des conditions de vie des bretons à travers un rassemblement d’habitants de Bretagne conscients de leur identité. Leur participation au Salon de l’Education, mais aussi à Expo-langue, festival organisé tous les ans en janvier à la Villette, permet une sensibilisation du grand public à la culture bretonne. Quant à la station de télévision  » TV Breizh  » (Breizh signifie Bretagne), basée sur le même principe qu’Arte, c’est-à-dire bilinguisme et variété des programmes, elle permet aux Bretons eux-mêmes de ne pas oublier leurs traditions.
En effet, on assiste aujourd’hui à une véritable soif de retour aux sources.  » De nombreuses personnes, vers 40-50 ans et originaires de Bretagne, viennent nous rendre visite et cherchent à apprendre cette langue longtemps mise de côté « , constate M.Paulic. Il est vrai que dans les années 1940-1960, le Français était le gage de la réussite sociale, et que de nombreux parents préféraient l’enseigner à leurs enfants sans essayer de les rendre bilingues. Dans le cas de M. Paulic, ce sont les grand-parents qui ont joué le rôle de professeurs de langue, et il revendique avec fierté la réussite de son baccalauréat avec l’option  » breton « . Mais peu de ses compatriotes ont eu cette chance, c’est pourquoi la langue Bretonne n’est plus parlée que par deux cent mille personnes de nos jours.
Mais il reste confiant dans l’avenir, et compte sur un besoin d’identification régionale que devrait générer la construction européenne pour remettre au goût du jour les langues et les cultures oubliées, ce qui, il l’espère permettra de mieux résister à l' » américanisation « . Sa phrase-fétiche, il la tire de Saint-Exupéry :  » Si tu diffères de moi, tu ne me lèses en rien, tu m’enrichis « .Ce qui donne en breton :  » Mard out dishenvel diouzhin, ne rez ket droug din met ma finvidik an a rez. « 
Si vous vous dites :  » Si seulement j’avais pu moi-même traduire cette phrase ! « , rien n’est perdu, il existe encore de nombreux établissement où vous pouvez apprendre à le faire, la plupart dans la région parisienne, comme au lycée Voltaire dans le 11e arrondissement ou à l’université Paris VIII de Saint Denis. Il y a aussi la solution des cours par correspondance par l’intermédiaire du Centre national d’enseignement à distance par exemple, qui prépare à l’épreuve du bac pour élèves ayant déjà étudié pendant deux ou trois ans, ou par le SKOL OBER, qui propose des cous sur cinq niveaux. Vous y apprendriez entre autre que  » pote  » vient du mot  » paotr  » (petit garçon), et  » j’y vois que dalle  » deviendrait une expression à la tournure grammaticale bizarre quand vous saurez que  » dall  » signifie  » aveugle « .
Kenavo ! (Au revoir !