Bastian Meiresonne raconte son parcours.

L’Asie dans le coeur, le cinéma dans l’oeil

Le cinéma Axel de Chalon-sur-Saône, en partenariat avec l’association de cinéma La Bobine, proposait du 19 au 21 mars le festival du cinéma asiatique intitulé « Tours et détours en Asie« . Chantal Thevenot, présidente de  La Bobine,  en duo avec Bastian Meiresonne, spécialiste du cinéma asiatique, ont pensé la programmation du festival. Portrait du jeune réalisateur.

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Bastian Meiresonne, passionné d’Asie et de cinéma…asiatique
Genèse d’une passion 

C’est dans son enfance que Bastian Meiresonne découvre pour la première fois le cinéma asiatique. Son père, souvent en voyages d’affaires, lui ramène un jour un lecteur Bétacam du Japon ainsi que quelques films. Premier visionnage et premières émotions en compagnie de sa mère, qui lui raconte ces histoires d’ailleurs.

Akira Kurosawa, Yasujiro Ozu : ces noms de réalisateurs résonnent en lui comme des bribes d’enfance marqués par ces découvertes enivrantes.  » J’étais fasciné par ces choses que je ne comprenais pas forcément, cette lenteur, ces images de cerisiers, de nature, en noir et blanc « , confie Bastian.

Bastian Meiresonne est à Chalon-sur-Saône durant le festival "Tours et détours en Asie".
Bastian Meiresonne est à Chalon sur Saône durant le festival « Tours et détours en Asie ».

À l’adolescence, le jeune garçon redécouvre Kurosawa et ressent ses films différemment. Puis, les années 80 obligent, c’est le cinéma Hongkongais qui est à l’honneur. Bastian découvre les films d’actions, ces gens qui volent, les films de kung-fu et la crudité des images.
Loin du cinéma américain lisse et prévisible, le cinéma asiatique offre un véritable mélange des genres qui plait énormément au jeune homme.
Après le baccalauréat, Bastian se lance dans des études de cinéma à Paris. Une expérience qui lui aura appris très peu de choses et auquel il accorde peu d’importance.
Mais peu importe, sa passion le nourrit toujours et perdure à travers les années.

 Vivre du cinéma asiatique

Bastian Meiresonne se dégote alors un job alimentaire et s’impose un rythme quasi militaire : levé à 6h, il visionne chaque matin un film, se rend à son travail, puis écrit la critique du film, vu le matin même, en rentrant du travail. Il publie alors pour des magazines spécialisés dans le cinéma asiatique, tel que Mad Asia, Asia Pulp et Kumite.

 » Je commandais des VCD et DVD en provenance de Hong Kong, avec toujours le risque qu’ils restent bloqué à la douane. Puis j’ai commencé les voyages en Asie et je ramenais des centaines de VCD (Vidéo CD)!  »

Bastian Meiresonne raconte sa passion, son parcours.
Bastian Meiresonne raconte sa passion, son parcours.

Car cette passion pour l’Asie ne s’arrête pas à sa culture cinématographique. Très tôt, Bastian découvre la Thaïlande grâce à un voyage avec ses parents. Le choc des cultures aura eu raison de lui.  » Les odeurs, les bruits, les couleurs, la chaleur…une tonne de sentiments totalement inédits qui se sont abattus sur moi et qui m’ont fait dire : voilà où est mon chez moi. C’est ce qui me correspond « , raconte Bastian.

De par sa soif de découvertes et sa passion pour la culture asiatique, Bastian visite tour à tour le Japon, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et bien d’autres pays, toujours avec la même curiosité.

Quelques année plus tard, Il abandonne son travail et se lance corps et âme dans sa passion. Bastian écrit des critiques, se rend dans les festivals, et devient par la suite consultant pour les programmateurs. Son travail consiste à se rendre en Asie pour rencontrer les réalisateurs et se frotte à l’expérience du terrain.
Sa dernière rencontre marquante, c’est celle de Wang Bing, documentariste chinois qui se défait des contraintes classiques (durée, format…) du cinéma. C’est cette liberté et cette réflexion d’auteur qui plait et marque Bastian.

 Les premiers pas de réalisateur

En 2013, Au hasard d’une rencontre au festival du cinéma asiatique de Vesoul*, auquel il contribue depuis plusieurs années, Bastian fait la connaissance d’un autre passionné qui deviendra le principal investisseur de son projet. Il fait alors ses premiers pas de réalisateur et crée un documentaire sur le cinéma d’action indonésien. « Garuda Power« , c’est son titre, sort en octobre 2014 et mène aujourd’hui une carrière festivalière. Il a d’ailleurs été sélectionné dans une vingtaine de festivals.

Nous lui souhaitons de faire des tours et détours dans le monde entier, à la conquête de nouveaux spectateurs, et pour le plaisir certain des initiés.

Portrait du jeune réalisateur Bastian Meiresonne.
Portrait du jeune réalisateur Bastian Meiresonne.
 Festival du cinéma asiatique de Vesoul*

Festival international des cinémas d’Asie (FICA) est un festival de cinéma créé en 1995 se déroulant annuellement à Vesoul, en Haute-Saône, dans la région Franche-Comté. Totalisant lors de chaque édition près de 30 000 entrées et présentant plus de 90 films, c’est le plus ancien et plus important festival de cinéma asiatique d’Europe et le seul à présenter des films de tout le continent asiatique, du Proche à l’Extrême-Orient

(sources wikipédia)