P1300926 (Copier)

La vie chez les Gourmantchés

Mores, Doulas, Boaba,: le Burkina Faso compte une soixantaine d’ethnies, souvent réparties sur un territoire bien précis. Seuls les Peuls résident dans tout le pays. Les Gourmantchés, quant à eux, vivent à l’est du Burkina, aux frontières du Niger. Elizabeth Coulidiati, femme gourmantché nous explique la vie de son ethnie.

Généralement animistes, ils tendent à se convertir au catholicisme, un fait accepté et compris par tous.

Les fonctionnaires suivent « le mode de vie des Blancs », comme ils le disent eux-mêmes. Ils peuvent louer (pour une trentaine d’euros mensuels!) ou acheter une maison en « banco » (briques) et à la toiture de tôle. Leurs enfants sont scolarisés.

P1310348 (Copier)Dans les villages reculés de brousse, les cultivateurs ont une vie très différente. Les familles résident dans de petites maisons de terre et de paille, regroupées en cercle. Ce village familial peut être isolé ou entouré d’autres villages.

P1310344 (Copier)Au lever du soleil (aux alentours de 6 h), la femme se lève pour balayer, aller chercher de l’eau et préparer le repas de la journée constitué de farine de mil, mélangée avec de l’eau bouillie (selon les moyens de chacun, d’autres aliments sont ajoutés). Ce mets est parfois agrémenté d’une sauce confectionnée avec des feuilles de baobab, du sel et des graines de soumbala, un arbre fruitier. L’homme et les enfants se lèvent dès que le petit déjeuner est prêt. Ils ne mangeront plus avant le dîner (aux alentours de 17 h ou 18 h, au coucher du soleil).

P1300859 (Copier)Durant la journée, la femme s’occupe de la maison et des enfants pendant que l’homme suit les animaux s’il en possède, va chercher de la paille… Le soleil se couche tôt, ils dînent avant 18 h. Puis pour continuer leur soirée, certains possèdent une lampe torche pour éclairer les lieux, les autres allument un feu ou vivent dans le noir « ils sont habitués à se débrouiller avec les ténèbres » souligne Elizabeth.

P1310345 (Copier)Autour du village sont disposés des petites cabanes qui servent de greniers à provisions. Si le grenier se vide avant la saison des pluies (donc des récoltes), la famine menace. En 2013, les inondations ont détruit les récoltes, l’année 2014 risque d’être assez compliquée pour se nourrir.

P1300974 (Copier)Leurs enfants ne vont pas tous à l’école. Par exemple sur cinq enfants, seulement un ou deux sont scolarisés, dans l’espoir qu’ils obtiennent plus tard un emploi rémunéré et puissent ainsi subvenir aux besoins de leurs parents. Certains abandonnent, car les parents ne peuvent plus financer les frais de scolarité. Dans des cas beaucoup plus rares, d’autres attendent et vendent des récoltes pour financer eux-mêmes ces frais.

Des rites, croyances et traditions respectées

Les costumes traditionnels Gourmantchés, tissés en coton, tendent à disparaître. « Maintenant, on copie les Blancs, tout est mélangé », explique Elizabeth. Seul le chef du village a gardé la tradition.

P1310627 (Copier)Côté culturel, leurs musiques et chants passent tous un message compris par les villages alentour. Messages de joie lors de cérémonie comme le mariage, ou bien annonce de funérailles, d’une circoncision, d’un décès… « Quand on entend le bruit, on sait de quoi il s’agit », avoue Elizabeth.

Les Gourmantchés utilisent des instruments de musique propres à leur ethnie : guitares (gogidajgengou), tam tam (ligangaali), violons (ké siéliga), ou tiges de mil (ki yéliga) transformées en instruments à vent, tout comme les cornes de bœuf (natountounli).

P1310008 (Copier)Dans les danses, chaque rythme et costume porte un message. Par exemple, après une circoncision, des hommes déjà circoncis entrent dans les maisons des nouveaux circoncis en dansant, vêtus de tiges de mil leur couvrant le corps, voilés au visage ou portant des masques.

De nombreux rites et traditions rythment leur vie. L’un d’eux concerne le chef du village, qui doit prier pour garder la maison, sa famille, et se préserver de ses ennemis. Il choisit alors un coq d’une certaine couleur selon sa première femme et doit l’égorger à un endroit précis choisi par ses soins et le jette. Selon la position du coq une fois tombé, sa prière sera exaucée ou non. S’il est tombé dans une bonne position, ils le mangeront à peine cuit, trempé dans l’eau. L’eau sera versée sur des cailloux, et le chef continuera à prier en versant l’eau. La viande, une fois prête, sera déchirée avec les mains (le couteau n’est pas permis pour ce rite) et partagée avec la famille. « Tous ne pratiquent pas ce rite, notamment ceux qui se sont convertis au catholicisme. C’est le cas de mon père, qui a arrêté depuis sa conversion », confie Elizabeth.