La vaccination n’est pas un long fleuve tranquille

Le mardi 24 novembre, plus de 500 personnes attendent pour se faire vacciner au centre Jules Ferry à Mâcon. Dans la file se trouvent des personnes de tout âge, en particulier des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées, prioritaires dans la campagne de vaccination du gouvernement. Les Mâconnais, comme les autres français, ont été nombreux cette semaine à aller se faire vacciner.Affiche d'incitation à la vaccination du MinistèreLe centre de vaccination

 

Le centre, ouvert depuis le 12 novembre, est en fait une école réquisitionnée pour l’occasion. Des bénévoles s’occupent de l’accueil et deux médecins de la vaccination. L’attente est longue, comme pour la mère d’Evan, 17 mois, qui est là depuis plus d’une heure avec son enfant. Cette semaine est particulièrement chargée par rapport à la précédente, où il était bien plus rapide de se faire vacciner. L’accroissement des cas de grippe A et la politique du gouvernement en sont les principales causes. Odile, 81 ans, se plaint du manque d’informations « Sur la convocation de la sécurité sociale, il n’y avait aucune indication sur les horaires ou encore le lieu de vaccination ». Elle a par conséquent dû se renseigner d’elle-même. À 18 h 30, le responsable du centre refuse l’entrée à d’autres personnes qui n’auraient pas le temps d’être vaccinées.

À propos du vaccin

 

Le vaccin contre la grippe A fait polémique en France. Efficace au bout de trois semaines seulement, est-il vraiment utile ? Les effets secondaires font peur. Nathalie, 32 ans, s’est déjà fait vacciner « Je n’ai eu aucun effet secondaire, seulement une légère douleur à l’épaule, comme pour un vaccin normal ». Le risque d’effet secondaire serait mineur, même si certains professionnels de santé en France déconseillent le vaccin. Pour Christine, 29 ans et enceinte de huit mois, « Quelques personnes auront forcement des effets secondaires, mais le vaccin contre la grippe A est un geste normal, comme les autres vaccins ». Les Mâconnais, venus se faire vacciner, cherchent avant tout à se protéger, que la grippe A soit ou non un risque majeur en France. Les convocations de la sécurité sociale n’ont pas encore été envoyées à tout le monde, même si elles doivent l’être rapidement selon le plan de campagne du gouvernement. Les femmes enceintes, les enfants de moins de 10 ans, et les personnes âgées restent prioritaires, malgré tout, les parents de jeunes enfants sont également concernés, afin de ne pas exposer leurs enfants. La mère d’Evan témoigne « Il vaut mieux se protéger et être sûre pour soi et pour ses proches. Je le fais particulièrement pour mon fils, qui est encore fragile. »

Une campagne parfois contestée

Vaccination a campagne du gouvernement a été efficace, au vu de l’augmentation du nombre de personnes vaccinées, à Mâcon et partout en France. Elle est néanmoins contestée. Le gouvernement n’a-t-il pas dramatisé les risques encourus par les malades de la grippe A ? Laura, 21 ans, juge la campagne exagérée « On n’arrête pas d’en parler, mais la grippe A n’est pas plus dangereuse que la grippe saisonnière. Le gouvernement utilise la grippe A comme un enjeu politique et économique. ». Un certain nombre de Français, notamment des hommes politiques et des médecins, pensent comme elle. La grippe A est seulement contagieuse, et ne ferait pas plus de morts qu’une grippe saisonnière. Finalement, le gouvernement a peut-être donné trop d’ampleur au virus, au risque d’affoler inutilement la population. Malorie, 14 ans, se dit opposé au vaccin et pour cause  » On n’a pas assez de recul. Il a été créé trop vite pour moi, et j’ai peur des effets secondaires. « . Le vaccin s’avérerait pourtant nécessaire dans certains cas, par exemple les personnes fragiles au niveau pulmonaire (asthmatiques, malades de la mucoviscidose), ou encore les enfants de moins de 6 mois. Il est donc prudent de réfléchir et de peser le pour et le contre par soi-même, avant de se faire vacciner.