La naissance d’une BD

Faire éditer sa BD, son manga… rêve de beaucoup de jeunes et talentueux artistes… parcours souvent difficile. Retour sur le chemin de la BD avec Simona Mogavino, scénariste de la série Reines de sang et les éditions Delcourt.

C’est le mercredi 5 novembre que se déroule à L’Antre des bulles, libraire spécialisée de Chalon dans la vente de bandes dessinées et de mangas, une séance de dédicaces. Alessio Lapo (Cagliostro) et Simona Mogavino, Italiens et impliqués dans la bande dessinée historique, sont les invités de ce moment important.

delcourtIls sont édités chez Delcourt. La maison d’édition fondée en 1986 est spécialisée dans les bandes dessinées, les comics et les mangas.

  Naissance d’un projet

« J’ai eu beaucoup de chance » c’est ce que nous dit Simona. La scénariste de la saga Reines de sang a rencontré Maria Smirnoff qui sera sa future éditrice lors du festival. Le Quai des Bulles est un festival de bandes dessiné qui se déroule à Saint-Malo, elle accompagnait son compagnon Alessio Lapo, illustrateur italien. Lors d’une discussion autour de la vie d’Aliénor pour laquelle Simona voue une grande passion Maria Smirnoff, impressionnée par toutes ces connaissances y voit un projet intéressant. La bande dessinée est sur le point de naître

La création
dessin
Dessin d’Aliénor d’Aquitaine, réalisé par Simona

Après avoir signé un contrat chez Delcourt, Simona se lance dans l’écriture de son scénario. Elle met quatre mois à écrire celui du premier tome  « c’était plus long, car j’ai dû beaucoup me documenter ». L’écriture des autres tomes est plus courte, les personnages étant déjà présents. Le scénario terminé, la maison d’édition lui demande de choisir un dessinateur. Son choix s’est immédiatement porté sur Carlos Gomez un illustrateur très connu en Italie. La bande dessinée de met rapidement en place sous l’œil avisé de Maria Smirnoff et les conseils de son coscénariste Arnaud Delalande. Le premier tome de la saga des Reines de sang sort donc le 4 avril 2012.

Aliénor Cagliostro
Aliénor
Cagliostro

Aujourd’hui Simona est publiée dans une grande maison d’édition en Italie et dit avoir « de nouveaux projets ». Elle ajoute aussi « en Italie il n’y a pas toute cette culture de la BD que connaît la France ».

Le long chemin de l’édition

Peu de gens savent comment nos livres arrivent sur les étales des librairies. Pour certains auteurs comme Simona la chance est au rendez-vous, ils rencontrent des éditeurs lors des festivals. Pour d’autres le travail est plus ardu. Les maisons d’édition reçoivent plus de mille manuscrits par an. Après que les éditeurs aient lu les scénarios, un comité de lecture s’organise pour décider de l’avenir du projet s’il en a un. Les auteurs sont ensuite rappelés afin de signer un contrat avec la maison d’édition. Ce processus peut aller très vite et le contrat peut être signé quelques semaines après que l’auteur ait envoyé le scénario. L’auteur a ensuite un droit de regard sur son œuvre et choisit d’apporter ou non des modifications Selon certains auteurs se faire éditer est plus difficile. Certaines maisons d’édition préfèrent publier de jeunes auteurs qui ont peu d’expérience dans le milieu de l’écriture plutôt que des auteurs connus qui demandent à être payés fortement.

Les maisons d’édition imposent aussi quelques règles concernant le scénario des bandes dessinées historiques. Les auteurs ne doivent pas trop s’éloigner des faits. Il peut être difficile de publier une série entière, car si les lecteurs ne l’apprécient pas la maison d’édition peut choisir de l’arrêter.